Partager l'article ! L'Eurovision : la madeleine rance qui énerve...: Samedi soir, c'était l'Eurovision... Ou ...
Samedi soir, c'était l'Eurovision...
Oui, le truc ringard ou des ringards qui portent des costumes ringards, des coiffures ringardes, qui chantent des chansons ringardes et se font juger et évaluer par un système de points complètement ringard...
Un programme qui se déroule toujours dans des pays improbables avec des langues improbables, un programme qui dure jusqu'à 1h00 du matin, tout ça pour entendre des "Belgium, one point" ou des fois aussi des "Turkey, 10 points"...
Oui mais voilà, l'Eurovision, pour moi, c'est une sorte de madeleine télévisuelle...
Ok, elle sent drôlement le rance la madeleine, n'empêche que ça me rappelle ces soirées d'enfance où je suivais cette compétition dans mon pyjama à ligne boutonné jusqu'en haut.
Déjà, dans les années 80, je trouvais que ce programme fleurait drôlement la naphtaline... C'était peut-être déjà cet aspect désuet qui me plaisait. Et puis ça collait avec mon pyjama ringard.
Comme l'Union Européenne, l'Eurovision s'est ouvert à d'autres pays. Les règles du jeu ont changé.
Les chansons ne sont plus obligatoirement dans la langue du pays. Du coup, 99% des pays optent pour une chanson en anglais.
Tous les pays ont abandonné leur langue et leur style de musique.
Du coup, tu te crois au Dance Machine des années 90, tu cherches limite Ophélie Winter parmi les présentatrices...
De la bouillie dance où surnage toujours les mêmes mots à base de love/forever/always/in my heart/gnagnagnagnagnigni...
Et puis, les votes sont devenus ceux du public, du coup, les biélorusses votent pour les russes, les portugais pour les espagnols, les Serbes, pour les bosniaques.
Bref, on vote TOUJOURS pour ses voisins même quand y'a pas 15 ans, on s'éventrait joyeusement, genre dans les Balkans.
Donc, tout le monde vote pour son voisin sauf dans le cas de....?
La France bien sur!
Ainsi, la Belgique et la Suisse ne votent pas pour nous.
Avec l'Eurovision, tu prends conscience de la côté de popularité de la France en Europe.
Bon, et bien en gros, on nous déteste.
Pourtant, nous n'avons éventré aucun belge au cours des dernières décennies...
Bien sur qu'on propose toujours des chansons de merde mais c'est le principe non?
On a tout essayé, la chanson africaine aux paroles drôlement profondes comme cette année ("allez, ola, olé..."), on a même envoyé Patricia Kaas et Patrick Fiori...
C'est peut-être pour ça qu'on nous déteste, allez savoir...
Du coup, je m'énerve tout seul devant ma télé en constatant que malgré la grande qualité de nos propositions (pour rappel, cette année le chef d'œuvre "allez, ola, olé" by Jessy Matador), on ne peut pas gagner puisque cette émission est éminemment géopolitique et que la France ne séduit plus personne.
Même plus les belges... c'est dire.
Heureusement, nous sauvons l'honneur car NOUS, nous ne chantons pas en anglais.
Et oui, car depuis quelques années, avec les nouvelles règles, on ne peut plus se régaler de la beauté des langues européennes.
On ne peut plus jouer au jeu de "la langue qu'est la plus vilaine".
Remarquez, c'était toujours le néerlandais qui gagnait.
Mais bon, avec tous les nouveaux entrants, il y aurait eu de la concurrence, ça c'est sur.
En effet, je ne suis pas certain que l'Azerbaidjanais soit bien mélodieux à l'oreille...
On pouvait aussi jouer "kicé qu'est la plus vilaine", mais là aussi ça perd de sa saveur car il y a une uniformisation des looks et des canons de beautés.
Fini la portugaise en surpoids chronique avec des traces de transpiration sous les bras, la turque fardée comme le Palais de Topkapi, l'anglaise blafarde à grandes dents, l'italienne aguicheuse-vulgaire à la mode Berlusconi ou la russe mal aimable...
Aujourd'hui, une chanteuse ukrainienne de l'Eurovision ressemble à n'importe quelle autre chanteuse israélienne, espagnole ou islandaise de l'Eurovision.
Elles ont toutes de grands yeux bleus, une grande bouche pulpeuse et des cheveux de lionne californienne. Elles chantent toutes en anglais. Elles parlent toutes d'amour.
Ouais, c'est drôlement chiant.
Cette année, la compétition était donc toujours aussi ringarde.
La palme revenant aux biélorusses qui proposaient des chanteuses-papillons.
A chaque refrain, les choristes ouvraient leurs bras-ailes de papillon.
Ces ailes étaient faites dans un goût très russe, papier crépon, paillettes, couleurs improbables...
Et puis, l'heure de la fameuse distribution des points est arrivée.
Nous nous sommes promenés dans toutes les capitales où des présentatrices ont annoncé les votes des jurys locaux... On a pu, par moment, retrouver nos chers clichés notamment grâce à la présentatrice azerbaidjanaise qui ressemblait à s'y méprendre à un transformiste de Dalida sur le retour.
L'Allemagne a terminé première avec la gentille Lena qui a proposé une chanson gentillette dans un look gentillet...
L'année prochaine, j'arrête...
Et pour confidence, comme je ne rentre plus dans mon pyjama de l'époque, je ne regarde plus l'Eurovision ;-D
Longue vie à ton blog !
Et effectivement, vu que l'Europe entière nous déteste, ben aucune surprise niveaux points (ah si, quand même, je crois qu'on était pas dans le 5 derniers pour une fois, nan ?)