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Bon, comme tout bon occidental blanc dégénéré qui n'a que ça à penser : je veux maigrir.
Ce n'est pas que je sois l'équivalent masculin de Valérie Damidot, mais genre 3 kilos en moins, ça serait pas mal…
Le problème, c'est que j'aime bouffer.
Mais j'adore ça.
Vraiment.
Le truc c'est que j'ai plein d'excuse.
Par exemple, je suis trop bien élevé.
Ma mère vit dans le culte de l'assiette terminée.
Quand, j'étais petit, j'avais droit à une pièce de 1 centime quand je terminais mon assiette.
Ouais, je sais, c'était pas cher payé surtout qu'à cette époque préhistorique, c'était des centimes de francs… Tu vois le genre, au bout d'un an à lécher les assiettes, je pouvais à peine m'acheter la moitié d'une main collante (le must à l'époque).
Je ne vous explique pas comme ça m'a labouré le cerveau ce truc là.
J'ai toujours l'impression que je vais gagner un truc quand je termine mon assiette.
Et puis aussi, terminer son assiette, je ne sais pas pourquoi, mais c'était respecter les éthiopiens et tous leurs amis qui ne mangent pas à leur faim.
Je n'ai jamais compris pourquoi se faire péter le bide avec une choucroute royale et surtout ne pas laisser une miette de choux ça montrait ton profond respect de la misère.
L'autre chose, c'est qu'en plus de cette trop bonne éducation, je suis faible face à la tentation.
Et il faut savoir que ma boulangerie, c'est un genre d'île de la tentation.
Tu rentres (c'est comme dans l'émission, en acceptant tu as déjà perdu) en te disant que tu seras fort, que tu ne regarderas pas les miches qui te font de l'œil, que tu ne cèderas pas aux appels des brioches rebondies et tu ressors les bras chargés de viennoiseries qui transpirent de beurre encore chaud.
L'autre jour, je suis rentré dans la boulangerie en voulant acheter un petit pain blanc aux olives.
Juste pour me caler.
Et pour éviter le craquage pour un truc encore pire.
A peine, je pénètre dans la boulangerie que cette connasse de boulangère arrive de
l'arrière boutique avec un plateau de croissants encore fumants du four…
Au même moment, une odeur de dingue envahit l'espace.
Moi : Bon, et si je remplaçais le pain aux olives par un petit croissant…
Moi : Et si, je prenais juste un petit croissant en plus de mon petit pain aux olives…
A ce moment, ces gros connards de pain au chocolat me font des œillades.
Mais genre provocantes les œillades.
Vulgaires et tout.
Tel Jeanne d'Arc à la boulang' de Domrémy, je commence à entendre des voix.
Le pain au chocolat : Achète-moi! Je suis trop bon! Ma barre de chocolat, c'est un truc de fou, je suis encore tout chaud, vas-y viens! Prends-moi!
Moi : Bon, et si je prenais juste un petit pain au chocolat en plus…
Moi : Ce n'est pas ça qui va me transformer en Magali Vae non plus…
A ce moment cette grosse perverse de boulangère me dit de sa voix de rossignol enfariné.
La boulangère-tentatrice : Aujourd'hui, on fait quatre viennoiseries pour le prix de trois!!!
Et là, étrangement, tu arrêtes de raisonner par rapport au nombre de calories ou de graisse que tu vas t'enfiler.
Tu raisonnes comme cette teubé de boulangère.
Moi : J'étais prêt à m'acheter deux viennoiseries, je peux bien en payer une de plus et comme ça j'en aurais trois. Comme je suis malin, comme j'ai l'esprit pratique, comme je suis toujours dans les bons coups…
Et voilà; comment tu repars avec quatre viennoiseries que tu vas boulotter dans un coin comme un vulgaire adolescent obèse dans un reportage de "Confessions intimes "…
Causeries