Bon, on va un peu sortir prendre l'air… d'accord?
Ben, oui, moi, j'adore voyager!
C'est limite ce qui me permet de ne pas péter un plomb pendant cette dure période hivernale.
La plupart de mes voyages ont été une réussite !!!
Seulement comme j'imagine que vous vous en foutez pas mal que je vous raconte mes voyages de rêve, je vais plutôt vous raconter mes destinations de loose.
Celles, où j'ai parfois vécu des grands moments de solitude.
Celles où tu fais 10 000 bornes, tu arrives plein d'espoir et… c'est tellement moche que t'as envie de repartir bosser direct.
Après, tout ça reste très subjectif, j'en conviens.
Pour moi, ma plus grande déception
a été Bruxelles, la pas belle.
Il faut dire que tout dépend l'idée que tu te fais du truc.
Moi, avant Bruxelles, c'était la Grand Place.
C'était la capitale européenne avec les sièges des grandes institutions communautaires.
C'était une ville cosmopolite, joyeuse, dynamique.
Bref, un savant cocktail de frites, de bières, de rires et d'architecture flamande.
Bref, j'avais une idée assez bric et broc chic et choc de Bruxelles.
Jusqu'à ce week-end….
Déjà, j'arrive à Bruxelles en voiture.
En suivant un plan, je réussi à me garer à une rue seulement du célèbre Manneken-Pis.
Déjà, je trouve ça bizarre qu'à une rue du gamin-qui-pisse tu sois dans une rue moche avec des immeubles moches et des gens moches.
Normalement, je suis déjà censé être au centre ville et pas dans la zone industrielle de Vesoul.
Bref, plein d'espoir et d'optimisme, je sors de la voiture mon appareil photo prêt à dégainer et je me dirige en sautillant vers la rue du gamin-qui-pisse.
Avant même de voir la célèbre statue, j'entends comme un bruit de ruche.
Japonaise la ruche.
La rue commence à bruisser de mots nippons.
Puis, je perçois, le crépitement des flashs.
Quand j'arrive au fameux lieu, il y a effectivement bien une horde japonaise qui mitraille.
Mais je ne vois pas le gamin-qui-pisse.
Je cherche.
Je m'avance.
Et je finis par apercevoir la fameuse statue à l'envie pressante.
Là, j'ai un sentiment qui commence à m'envahir.
Et c'est pas terrible.
Je sens l'arnaque.
La blague vivante.
L'enculade, quoi !
Cette statue est minuscule.
Et surtout, elle n'a aucun intérêt.
C'est moche, c'est tout.
Je voudrais bien voir la gueule des touristes en France, si tu leur offrais une Tour Eiffel grande comme un abribus au coin d'une rue dégueulasse.
Un peu déçu, je me dis que ça fait juste partie des grandes arnaques touristiques, comme la Petite Sirène à Copenhague.
Celle-là aussi, il paraît que c'est une arnaque vivante.
Elle devrait monter un club avec le Manneken-Pis.
Enfin, à Bruxelles, comme ils ont vu que leur arnaque de Manneken-Pis, ça marchait trop bien, ils ont même fait une gamine-qui-pisse.
Qu'est ce qu'on se marre à Bruxelles...
C'est toujours aussi consternant moche, on est bien d'accord.
Après cette expérience décevante, je me dirige vers la Grand Place.
THE Great Place, quoi!
Là, pas de déception possible.
Le truc, c'est que jusqu'à être sur la Grand Place, tu traverses des rues moches.
Mais vraiment super moches.
Genre HLM roumains.
Une fois, sur la Grand Place, le premier effet est sympathique.
Puis, quand tu regardes de plus près, tu vois que les façades sont très défraîchies et que l'ensemble n'a pas été restauré.
C'est très gris.
Même les clochetons dorés font la gueule sont ternes.
Et c'est vrai qu'en France, on n'est plus habitué aux monuments mal entretenus, noircis par la pollution.
Bon, après tout, tu pourrais te dire qu'à Bruxelles, il préfère mettre l'argent consacré à la restauration du patrimoine ailleurs.
Oui, mais où?
Pour retaper le zezette du Manneken-Pis?
Tu te rends vite compte que le patrimoine de Bruxelles est concentré sur la Grand Place.
Quand tu te ballades dans le reste des rues aux alentours, tu finirais par trouver du charme à Cholet un dimanche de janvier.
Bref, après cette seconde déception, je décide d'attendre le soir pour voir la Grand Place s'illuminer de milles feux.
Je vais boire quelques bières.
Quand je sors du bar, j'espère que l'alcool va m'aider à voir Bruxelles sous un jour
neuf...
et je vois ça :
La Grand Place éclairée à l'ampoule 40 watts.
Bon, je me m'attarde pas et pars à la découverte du reste de la ville.
Je passe devant la Cathédrale de Bruxelles.
Celle où les rois et les princes se sont mariés.
On dirait une église en plâtre qu'on aurait construite au milieu d'une autoroute.
Je passe devant le Palais Royal.
On dirait la sous-préfecture de Montbéliard mais genre abandonnée depuis 20 ans.
Je vais dans le quartier chic des Sablons.
On dirait Saint-Ouen un jour de Toussaint.
Je reprends la voiture et me dirige vers le quartier européen.
Je vous jure avant mon voyage à Bruxelles, j'étais à fond pour l'Europe et tout et tout…
Je suis ressorti eurosceptique de ma visite du quartier européen.
En fait, c'est genre des buildings en verre.
Mais allongés au sol les buildings.
A l'horizontale.
Genre New-York mais à plat.
Des espèces de blocs de verre sans grâce disposés anarchiquement dans un quartier vallonné.
C'est froid, sans âme.
T'aurais bien envie de te pendre mais il n'y a même pas d'arbre.
Alors, vous allez me dire, oui mais l'ambiance, la fête, la bière.
Oui, c'est vrai que j'ai fait la queue 2 heures pour un cornet de frites à la graisse de bœuf…
Ces gens ne font pas la queue pour les ventes privées Gucci mais pour un cornet de frites belges.
… c'est vrai que j'ai bu une bière tiède dans une brasserie enfumée, c'est vrai que j'ai pris 4 kilos car j'ai passé deux jours sous perfusion de gaufres pour tenir le coup.
Je passe sur la brocante où j'ai eu l'impression de me retrouver plongé dans l'Albanie de 1972
, Bruxelles, 2009
Tirana, 1972
Art belge à vendre…
Je passe sur l'horrible Atomium que j'ai entraperçu sous une épaisse couche de
brouillard (qui ne s'est jamais levée en deux jours).
Je passe sur tout ça et surtout, je rentre!
Causeries