Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /2008 16:03

Tu habites un loft sur les hauteurs de Fourvière à Lyon, une maison en tuffeau en bord de Loire, un appartement haussmannien à Nantes ou une ferme dans le Berry, c'est tout pareil, pour un pariso-parisien, tu habites en province.

 

La province, c'est genre un grand trou noir qui commence derrière le périphérique.

 

Souvent, le parisien, il te dit d'un air joyeux "ce week-end je suis allé en province" (le pariso-parisien, il aime tellement Paris qu'il se barre tous les week-ends en Province).

 

Ah ça tu réponds… Mais où en Province ? Au bord de la mer, en montagne, à la campagne, en Normandie, en Bretagne, en Provence???

 

Nan, genre le parisien après le périphérique, il s'est jeté dans le grand trou noir et pis c'est tout.

 

Le pariso-parisiens se pose toujours de grandes questions sur ce grand magma flou qui encercle la capitale.

La grande interrogation sur la province c'est : mais qu'est ce qu'on peut faire professionnellement en province??

 

Genre il y a 50 millions de français, et bien on se demande bien ce qu'ils foutent de leurs journées ces cons!

 

Pour pas mal de parisien, les provinciaux, ils ont juste fait une croix sur leur carrière et ils attendent la retraite en regardant passer les trains.

 

A part des caissières, des docteurs, des anglais en vacances ou des maçons, on ne voit pas bien ce que peuvent faire les gens...

 

La province, c'est aussi un grand trou noir professionnel.

 

Et puis, en province, les parisiens pensent que les gens sont empêtrés dans un ennui abyssal.

 

En province, tu te fais tellement chier que tu fais des mioches, histoire d'occuper tes soirées.

 

Et puis enfin, en province, t'as juste une vie de beauf.

 

Tu écoutes Rire et chansons, tu roules en Espace vert bouteille, tu habites un lotissement aussi sexy qu'un catalogue de feu la Camif, quand c'est jour de fête tu vas au Flunch avec frites à volonté, et la sortie de l'année tu la passes au Multiplex pour bouffer des popcorns devant un film avec Will Smith.

 

Heureusement, certains pariso-parisiens ont éclairé ma pauvre vie de provincial.

 

Ainsi, durant le même stage que j'évoquais précédemment, j'ai aussi eu droit à un cours de branchitude parisienne… par une vieille bobo.

 

Il y avait une soirée organisée par le boulot et on s'était tous retrouvé au restaurant. La vieille bobo faisait sa diva, elle parlait des nuits au Palace dans les années 80, de ses après-midi à Roland Garros dans les années 90, de son amitié avec Karl…

 

Moi, placé juste en face d'elle, je me sentais légèrement en décalage.

Pour ma part, dans les années 80, je fréquentais la maternelle Jacques Prévert, dans les années 90 j'étais un authentique rebelle et je chantais "no limit" de 2 unlimited à tue-tête dans ma chambre, et ma super amitié avec Antoine, conseiller financier à la Banque postale à Toulouse n'aurait pas passionné grand monde…

 

Du coup, je faisais des"mmmh" et des "ah ouaaaaaaais" et aussi des fois des "c'est clair" et la vieille bobo était ravie.

 

Le truc, c'est qu'à la fin du dîner, on a fait des taxis communs pour les gens qui habitent le même quartier.

 

Et moi, je me suis retrouvé dans le même taxi que la Castafiore vieille bobo.

 

Du coup, elle a continué à me raconter toutes ces parisianneries.

 

Arrivé à destination, je m'apprêtais à lui dire au revoir et finalement elle me sort qu'elle voudrait bien que je la raccompagne chez elle parce que… bon… la sécurité à Paris... c'est pas du tout du tout un problème mais... quand même... on ne sait jamais si Guy Georges s'est échappé de taule cette nuit là... et qu'il a envie de se taper une vieille une femme, ce ne serait pas de chance tout ça…

 

Sur le coup, je suis un peu estomaqué parce que Madâme clamait toujours haut et fort au boulot qu'elle était de gôche et que Sarkozy, les flics et tout ça, c'était honteux et que la France était limite un État policier.

 

En fait, j'avais simplement et définitivement à faire à une bobo.

 

Je la raccompagne donc et, en passant devant un bar elle me demande si je connais cette adresse.

 

"Euh…non… je suis nouveau, je ne connais pas bien les attrapes-bobos bons endroits encore"

 

"Et bien, en fait, c'est l'adresse la plus branchée de Paris en ce moment. Tu vois, c'est tellement branché qu'il ferme le samedi soir."

 

Silence.

 

Moment de solitude.

 

Pourquoi un bar qui ferme le samedi soir est super branché ?????

Je crois plutôt que c'est super con. C'est clair que le Flunch de la zone commerciale de Saint Martin du Fouilloux ne ferait jamais un truc pareil.

 

Explication de texte de la vieille bobo :

 

"Ben tu vois, c'est tellement "province" de sortir le samedi soir que ce bar ferme carrément ses portes. Les meilleures soirées, c'est celles du dimanche. C'est vraiment une super ambiance".

 

Re-moment de solitude devant cet abysse de connerie humaine.

 

Au moins cette discussion m'aura fait comprendre pourquoi tous les lundis matins, on la voyait débarquer au boulot avec une tête de gnou dépressif.

Par zadzig - Publié dans : Nos régions ont du talent!
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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 16:07

Quand j'habitais Paris, j'ai vécu de grands moments de solitude.

 

A tous les niveaux.

 

Mais, avec le recul, le plus drôle, c'est quand tu es confronté à un pariso-parisien.

 

Celui qui préfèrerait être transformé sur le champ en vide-poche plutôt que d'habiter en province.

 

Dans la discussion vous sentez un gouffre de Padirac entre vous et la personne en face.

 

Quand j'habitais Paris, j'étais en stage dans le milieu de la télévision. Des gens a priori superficiels ouverts, intelligents, informés.

 

Un jour, je discute autour d'un café avec une femme d'une quarantaine d'années, responsable d'un service qui n'était pas le mien.


Elle me demande d'où je viens.

Je lui réponds "Lyon".

 

Là, je vois ces yeux qui papillonnent genre elle cherche dans sa tête un truc auquel se raccrocher, un truc qu'elle aurait pu dire sur Lyon pour poursuivre la conversation. On frôle le bug cérébral et puis finalement elle me sort :

 

"Et toute cette neige l'hiver, c'est pas trop gênant?"

 

Là, je bug à mon tour. Les yeux qui papillonnent dans le vide tout ça… Je ne peux pas non plus la prendre de haut car qu'elle occupe un poste important et que je ne suis qu'un misérable stagiaire (misèèère misèèère…). Alors je lui réponds en fronçant les sourcils… :

 "Mais… quelle neige?"

 

"Et bien Lyon, c'est dans les montagnes, vers les Alpes quoi! L'hiver il doit y avoir un paquet de neige. Au quotidien, ça doit être difficile, nan?"

 

Là, je m'imaginais un matin gris de février. A mettre mon gros manteau, ma grande écharpe en laine, enfiler mon bonnet, sortir de mon chalet, mettre mes skis et descendre la montagne en évitant des sapins, en saluant les marmottes et en sifflant quelques dahus avant d'aller en cours.

 

Comment expliquer gentiment que les lyonnais ne vivent pas dans la peur des avalanches, que je n'ai encore jamais croisé de troupeau de chamois au détour d'une rue ou que la réintroduction de l'ours ne fait pas partie du programme municipal.

 

Sobrement, je réponds :

 

"Euh, nan, il n'y pas tant de neige que ça tu sais et puis les montagnes, c'est plutôt des genres de collines"

 

A ce moment là, elle fait une mine déçue genre "mais si y'a même pas de neige en province, c'est quoi l'intérêt??

 

Et elle a tourné les talons.

Par zadzig - Publié dans : Nos régions ont du talent!
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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 15:33

Dans cette bien jolie catégorie, on trouve des commerciaux, des marketeux, des financiers, des responsables de ressources humaines, bref, vous pouvez trouver beaucoup de métiers variés mais pourtant ils font tous partie d'une même secte professionnelle : ceux qui sont passés par les écoles de commerce.

De ce passage dans ces Grandes Écoles, leur cerveau en a gardé des séquelles irréversibles. Pendant leurs années d'école de commerce, ils ont été bercés dans l'idée qu'ils constituaient la future élite du pays.

Aujourd'hui, ils sont Chef de produit chez Cochonou, trader à New-York ou Chef des ventes des tampons nana pour la région sud-est…
et ils se prennent effectivement pour les rois des cons du monde.

Comme dans les autres sectes professionnelles, ils ont des thèmes communs et un langage commun.

Genre, au hasard : l'argent!

Ca adore parler oseille. C'est une sorte de compétition géante pour afficher le plus de kilo-euro au compteur. Ben oui, en école de commerce, on parle de kilo euro, voire de K E, c'est encore plus chic!

On aime bien aussi agiter tout un tas de mot qui ne veulent pas dire grand-chose mais qui font important-et-tout-et-tout genre, "gestion de projet", "management de projet", "conduite du changement"…

Dans cette secte, l'obsession professionnelle est portée à son comble. En fait, tu peux résumer une discussion de 4 heures en trois thèmes :

- Dans quelle boîte tu bosses?
- Tu fais quoi?
- Tu gagnes combien?

Autant te dire que t'as intérêt à travailler dans une multinationale américaine qui porte un nom pompeux style "Price Gamble Brothers",
à dire que tu fais de la gestion de projet en relation direct avec Hong-Kong, tout ça pour une centaine de kilo euros par an.

Si tu bosses en PME à Clichy-la Garenne, à diriger le service contentieux pour une trentaine de kilo euro par an, tu peux aller allumer le gaz tout de suite, on ne voit pas bien l'intérêt que tu as à continuer.

Si t'es prof, fonctionnaire ou artisan, on te regarde avec un petit regard condescendant genre le même qu'on porte aux chiens galeux dont personne ne veut à la SPA.

Dans une soirée d'école de commerce, t'as pas de hobbies, pas de famille, pas d'amis, t'as juste un travail et un plan de carrière tapissé sur les parois de ton cerveau.

Ben oui, le boulot, c'est le seul truc un peu valable dans la life.

En fait, il faut être un peu initié pour comprendre.
Dans la tête de ces gens, quand tu parles, c'est comme à l'eurovision,
il y a un système de points qui s'affichent dans le cervelet.

"Bonjour, je travaille à Singapour (+10 points : l'avenir est du côté des bols de riz!), dans une banque d'investissement (+20 points : ce n'est pas une banque de mamie!), dans une tour en verre (+5 points : +1 point par dizaine d'étages), je fais de la gestion de projet (+ 10 points : on sait pas bien ce que ça veut dire mais c'est classe!) et mon projet c'est de faire de la conduite du changement (+ 30 points, on capte rien mais c'est définitivement la classe!), je suis payé 60 K€ par an (+15 points : vue le niveau de vie là-bas, je suis Rockefeller)"

En réalité j'ai rencontré cette personne. Le changement qu'elle devait conduire c'était un déménagement. La banque passait d'une tour à l'autre. Il fallait gérer la taille du bureau de Michel, la déco de celui de Chang et choisir entre différents type de marbre pour le sol des chiottes.

Mais comme tout ça, c'est un peu trop concret et pas assez glamour elle préfère dire qu'elle conduit le changement plutôt qu'elle fait le job des "Déménageurs bretons".

Les gens des écoles de commerce, on leur apprend à se vendre comme n'importe quel produit. Du coup, quand ils parlent, t'as l'impression que le monde il tournerait plus comme avant s'ils disparaissaient d'un coup.

En fait, en grattant un peu, tu te rends rapidement compte que la plupart brasse du vent comme un champ d'éolienne en pleine mer.

Sauf qu'ils ne produisent même pas d'électricité ces cons!...

Pendant une soirée d'école de commerce, il faut s'amuser à briser leur discours bien rôdé. Genre tu demandes au mec en face ce qu'il fait :

"Chef de produit chez Amora"

"Ah ben c'est chouette tout ça et ça consiste en quoi?"

"Je suis responsable de toute la gamme mayonnaise, j'ai pour objectif d'accroître notre part de marché, actuellement je suis sur un gros projet packaging"

"Donc en gros, tu t'occupes de la vente de mayo, t'essayes d'en fourguer un maximum à la ménagère en l'attirant avec des couleurs flashy et des formes funky"

"Oui, enfin, c'est un peu grossier comme description"

"Oui, mais ton gros projet packaging, ça consiste en quoi?

"Et bien nous réfléchissons à un bouleversement des codes couleurs de la gamme"

"Tu te demandes si tu vas passer l'étiquette du rouge au bleu, c'est ça?"

"Pas exactement mais c'est vrai que nous nous sommes posés la question du bleu et les nombreuses études de marché démontrent que nous pourrions gagner en taux de pénétration sur la cible des 35-50."

Voilà, comment on démasque un mec qui fait partie de la secte professionnelle des diplômés d'école de commerce et qui est payé 60 K€ pour changer une couleur d'étiquette sur un pot de mayonnaise!

Par zadzig - Publié dans : la malle aux cons
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /2008 14:59

Les profs ne sont pas les seuls à constituer une secte professionnelle bien affirmée.

 

Aujourd'hui, je voudrais parler des médecins et plus largement de tous ceux qui bossent dans le "médical".

 

Oui, je sais, c'est large. Ca va du grand chirurgien qui opère de la touffe au kilomètre au visiteur médicale de campagne qui est bête comme un cul mais qui gagne trois fois ton salaire.

 

Oui, mais voilà, comme chez les profs, il a bien souvent de la consanguinité dans l'air.

 

Le médecin ou la personne qui bosse dans le médical, bien souvent tu vois, son papa/maman/femme/mari/enfants/frères/labrador/sœurs évolue aussi dans le milieu des gens à blouse blanche.

 

Tu verras, ça marche quasiment à tous les coups! Comme les profs, j'te dis!

 

Du coup, il y a le même effet que pour les profs, le médecin il voit le monde à travers le prisme de son métier qui-est-drôlement-important-et-tout.

 

Un coup sur deux, tu as droit à un cours sur la Sécu, sinon à un exposé qui donne tout bien faim sur le dernier client patient de la journée qui avait une urticaire géante sur le testicule droit.

 

Oui, ce qui est drôlement sympa avec le médecin et tous ses copains, c'est qu'il a un rapport au corps super naturel.

 

Des giclées de sang, du racourcissage d'intestin, de la verrue purulente, des hémorroïdes aiguës, tout ça le médecin, ça ne le choque pas!

Normal, c'est son job! Jusque là, tout va bien!

Mais comme il fait tout bien partie d'une secte professionnelle et qu'ils ne côtoient de près que des médecins, il ne se rend pas compte qu'à l'extérieur, les individus qui ne font pas ce métier et ben tout ce bordel de boyaux à l'air ça les dégoute.

 

Ils pensent que ça ne choque personne et que ça passionne tout le monde.

 

Du coup, si tu te tapes une soirée avec des médecins, t'as intérêt à avoir pris un truc contre le mal de cœur + un truc pour ne pas dormir.

 

Dans une soirée médecin, donc, le grand jeu, c'est de se raconter des trucs scabreux sur les clients patients. Tu sauras tout sur la façon de poser un anneau gastrique à un obèse, de transplanter un rein ou de couper 129 mètres d'intestins pourris.

 

Le médecin, aussi, comme le prof, il gueule toujours sur ses conditions de travail.

Le ministre de la santé, c'est toujours un gros nul incompétent, alors que lui, le médecin, il a tout compris et il sait tout bien ce qu'il faudrait faire pour boucher le trou de la Sécu.

 

Dans la secte professionnelle du médical, ça se plaint tout le temps. C'est genre un code social. Du chirurgien à l'infirmière, ils se sentent tous super incompris.

 

Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que le médecin il soit super exposé à la crise financière, à la "baisse-du-pouvoir-d-achat-ben-voui-M-dame-Michu", à la précarité de l'emploi, tout ça quoi.

 

Je sais bien que faire la pute auprès des labos, ça marche moins bien qu'avant mais quand même… je crois qu'il y a encore de la marge…


En fait, ce qui est pénible avec les médecins c'est qu'ils ont tous fait des études très très très longues, très très très dures, très très très chiantes prenantes… Ces études scientifiques, certes très difficiles, restent purement scientifiques.

Et ben, pourtant, le médecin, il est bien souvent expert en plein d'autres choses. Les médecins, il n'y a pas plus donneurs de leçons. Mais dans tous les domaines, genre la géopolitique, les politiques publiques, l'évolution sociologique de la France, la recette du tiramisu aux châtaignes, la téléréalité, la haute finance...

Tout, j'te dis.

 En fait, leur métier leur donne une sorte d'arrogance d'assurance qui est assez vite insupportable.

 

En plus, plus tu vieillis, plus te rend compte que la médecine c'est une science aussi inexacte et relative que les autres.

Ils peuvent bien prendre leur grands airs pour t'expliquer le monde, tu réalises vite qu'en médecine, comme partout, il y a des modes. Ce qu'on t'explique d'un ton péremptoire en te prenant pour un con de haut, et ben 10 ans plus tard, on te dira l'inverse avec le même aplomb et le même mépris.

Tu regardes les préconisations sur l'allaitement ou le régime, ou même les trucs plus graves, tous les 10 ans, il y a une nouvelle mode.

 

Et puis, ce côté scientifique, ça leur bouffe bien le cervelet. Je ne compte pas le nombre de médecins aussi chaleureux qu'un stéthoscope, aussi nuancé qu'un interrupteur, aussi aimable qu'une hôtesse de l'air Ryan Air.


Enfin, tout ça n'est pas bien grave, c'est comme les profs, ça gonfle un peu, c'est tout…
 

Il faut savoir faire le tri et prendre les choses du bon côté.


Moi, je pense que pendant une soirée médecin, il faut limite en profiter pour faire un check-up gratos. Tu poses toutes tes questions sur ton drôle de bouton dans le cou, ta douleur à l'épaule et dépression hivernale en plein été…

Ca va les occuper et ça te servira au moins à quelque chose…

Par zadzig - Publié dans : la malle aux cons
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /2008 16:13

Je ne sais pas vous, mais moi dans certaines soirées je vis de grands moments de solitude quand je suis pris au milieu d'une secte professionnelle.

 

Kezako la secte professionnelle?

 

Ce sont des gens qui font le même job ou qui travaillent dans le même secteur et qui n'en sortent jamais de ce putain de secteur.

 

En fait, le phénomène de secte professionnelle, il touche plus certains métiers que d'autres.

 

Parmi les sectes professionnelles les plus gonflantes, il y a la secte des profs.

 

Malheur à celui qui pénètre dans une soirée de profs et qui n'est pas prof.

Il va se sentir seul assez vite, je te le dis.


Ben oui, j'ai expérimenté le truc.


Je me suis vite transformé en "Mawie-Théwèse" qui fait passer les cacahuètes, qui sert à boire et qui contrôle la cuisson du poulet toutes les cinq minutes pour se donner une contenance.

 

Ce qui est fou dans une secte professionnelle, c'est que les gens ils se reproduisent entre eux, ils se marient entre eux, voire ils se trompent entre eux!

 

Alors dans une secte des profs, il y a beaucoup de chance pour que les gens soient :

 

- fils/fille de profs

- frères/sœurs de profs

- épouse/époux de prof

- meilleur(es) ami(es) de prof
 

Et le plus dingue, c'est que certain coche toutes les cases.

 

Le prof, comme il est dans une secte et qu'il a le cerveau tout "profisé", il te commente le reste des problématiques de l'Humanité uniquement à travers sa petite expérience de prof.

 

La crise financière, le réchauffement de la planète, l'émergence des pays en voie de développement, la construction européenne et ben tout ça, le prof il te l'étudie et te le commente à travers sa lorgnette de prof de français de la 4ème D de Cergy-Pontoise.

 

Les profs ils ont aussi une langue commune à leur secte sinon le monde extérieur risquerait de les comprendre.

Et ça je te prie de croire que ça foutrait pas mal en l'air leur concept de secte fermée.

Par exemple, quand un prof de CP apprend à lire l'heure aux élèves, tu crois pas qu'il va leur dire "les enfants, aujourd'hui, on va apprendre à lire l'heure"...

Ben nan.

Ils risqueraient de comprendre les cons!

Nan, ils disent "aujourd'hui, les enfants, nous allons faire du repérage dans l'espace et le temps".

Tu penses que les gamins ils repèrent quelquechose, ils savent plus où ils habitent oui!

Bon, il y a quand même un truc qui ne colle pas niveau secte. La secte des profs elle n'est pas comme les autres, elle est en rébellion permanente contre son ministre de l'Éducation Nationale gourou.

 

Ca gueule toujours que le gourou il fait rien de bien. Le prof a l'impression d'être super rebelle en disant ça mais il ne se rend pas compte qu'il dit tout pareil que les autres.


D'où la secte.


Ils ont tous le même discours : le manque de moyen / l'absence de considération / les programmes trop chargés / les parents irresponsables…………….

Ils se foutent de la gueule du gourou en permanence. Vas-y que ça lance des blagues sur internet, que ça manifeste, que ça bloque les classes…

 

Le prof il se croit toujours super malin et il prend toujours son gourou pour un gros con.

 

Dans une soirée de profs, donc, le grand jeu, c'est de se foutre de la gueule du gourou.

Une fois que tu as fait ça, tu te plains de tes conditions de travail.

Et une fois que tu as fait ça, tu peux commencer à te foutre de la gueule de tes élèves et de leurs parents.

Après, tu vas te coucher.

 

Et le lendemain, au boulot, tu recommences.

 

Et là, c'est le drame du circuit fermé.

 

Après une journée de boulot de prof, le prof il rentre chez lui retrouver sa femme prof pour se raconter des histoires de profs, avant d'aller dîner chez des amis profs pour parler de la vie des profs.

 

 

Moi, englué dans ma soirée de profs, je me faisais bien chier je peux vous le dire.

 

J'ai attendu une question genre "et toi que fais-tu dans la vie?"

 

Je pouvais attendre longtemps.

 

En même temps, une fois, y'en a un qui m'a demandé.

A la réponse j'ai bien vu que son logiciel a eu comme un bug.

Il avait les yeux dans le vide, tu sentais que son cerveau moulinait dans le vide.

Il n'avait plus rien à dire, il n'avait rien pour se raccrocher.

Aussi perplexe que devant une soucoupe volante.


Ca le mettait en face d'une réalité traumatisante : il y a un ailleurs.

 

Du coup, pour le relancer, je lui ai posé une question de profs.

 

Ca allait mieux.

 

Alors, du coup, j'ai écouté en prenant l'air hyper concerné, j'ai fait des "hen heeen", des "ah ouais?!", des "c'est dingue cette histoire", des "c'est clair, des "c'est n'importe quoi" (ça c'est quand ça parle du gourou) et puis parfois aussi des "ah oui, je vois".

 

Tu adaptes tes expressions de visage en fonction du monologue, tu rigoles quand ça se moque du gourou, tu prends l'air grave et constipé quand ça parle manque de moyens, tu fronces les sourcils quand ça parle pédagogie et puis tu passes les cacahuètes un coup pour te détendre le cerveau.

Par zadzig - Publié dans : la malle aux cons
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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /2008 14:16



L'autre jour, dans une librairie, je suis tombé sur cette couverture...

Je la trouve géniale... le choix du titre et de la photo s'accorde parfaitement.

Et dans le même temps, il y a comme un paradoxe vivant...

Ben oui, comme l'illustre la photo, le chat on peut pas vraiment dire qu'il a une psychologie toute bien structurée...

Il en fait juste qu'à sa tête... et pis c'est tout!

Cette tête là, il peut aussi bien vous la faire parcequ'il a un truc qui le contrarie que pour vous faire juste chier.

Le chat, il faut dire que c'est un être à part.

Et franchement, j'aurais du mal à parler de psychologie du chat.

Déjà, le chat, faut être clair, il n'y a rien de plus égoïste.
Il te snobe grave. Il te ramène une souris agonisante dans ton lit. Il te vomit dans ta baignoire. Il te démonte ton canapé. Il te tapisse tes pulls de poils. Il a une haleine de bouc. Il pond des merdes de labrador. Il te réveille en miaulant ou en te léchant les paupières. Il déteste ta copine. Il ronge le fil de l'ordinateur. Il fait tripler ton frère de volume rapport à son allergie. Il vole ta tranche de jambon. 

Et toi, tu fais quoi ???

Tu le caresses...

Ouais, c'est un truc de malade mental tout ça...

En même temps, vous connaissez beaucoup de gens qui arrivent à se lécher les fesses avec la langue tout en ayant l'air classe??

Ben, voilà, le chat il mise tout sur son physique et sa grâce. Il peut faire les pires horreurs, ce con il a toujours de l'allure! Et toi, ben tu cours cette beauté illusionnante...

Le chat est un grand manipulateur...

Par zadzig - Publié dans : Peluches vivantes...
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /2008 11:17

Vous connaissez le fichier Edvige?


A côté de Facebook c'est du pipi de souris anorexique!..


Sur Facebook, tu peux vivre de vrais, grands moments de solitude...
Facebook, c'est comme un grand terrain de jeu pour la connerie humaine...
 

Sur Face book, tu peux mettre ta vie en vitrine ou même pire on peut la mettre en vitrine à l'insu de ton plein gré...

 

Sur Facebook, en une heure, tu peux retrouver tous les boulets que tu as réussi à semer ces trente dernières années…

 

Sur Facebook tu peux voir des photos de ton ex en vacances aux caraïbes en train de rouler des pelles à son nouveau copain...

 

Sur Facebook, tu peux aussi voir qu'une autre ex est toujours scotchée à sa vie de merde, et la tu ressens un vieux plaisir malsain : ça te rassure!...

 

Sur Facebook, tu peux aussi bien adhérer à un groupe qui milite pour le retour de Groquick sur les paquets de Nesquick, que l'arrêt de la guerre en Irak...

 

Sur Facebook, sur une même liste de contact, ta grand-mère peut se retrouver à côté de Vanessa, une fille tronchée rencontrée en boîte la veille...

 

Sur Facebook, on s'en fout pas mal que tu aies des relations vraies et profondes avec tes ami(e)s : faut faire du chiffre bordel! A moins de 100 amis, t'es un handicapé social...

 

Sur Facebook, ton employeur peut mater des photos de toi en train de gerber dans les toilettes d'une boîte sordide...

 

Sur Facebook, tu peux mater des profils de gens que tu ne connais pas juste pour assouvir un besoin malsain de voyeurisme primaire...

 

Sur Facebook, tu peux te la péter en énumérant le nombre de pays que tu as visité, même si tu as fait une escale d'une heure à l'aéroport de Moscou tu peux griser la Russie toute entière sur ta carte.

 

Sur Facebook, même si t'es un vieux tromblon tu peux mettre une photo de toi où, avec un jeu savant de lumière/maquillage/effet, tu ressembles à top-modèle... 

Par zadzig - Publié dans : la malle aux cons
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /2008 16:50

Donc, je vous rappelle, j'étais dans une merde noire situation délicate. Déguisé en paysan pour une soirée dont j'étais sorti pour prendre l'air dehors. La porte de l'immeuble s'est refermée et je suis resté coincé dehors.

 

J'étais au bord du suicide dans un désespoir complet quand soudain, un mec s'est penché à la fenêtre.

 

Là, autant dire que j'ai tout donné!

 

J'ai barri en faisant * l'étoile de mer * épileptique avec mes bras.

 

Le mec bourré me regardait interloqué.

 

Il voyait un mec en train de faire de l'aérobic en barrissant en bas de l'immeuble. Il n'est pas clair le message ou bien??? Je suis coincé, aidez-moi!

 

Le mec a commencé à vouloir m'imiter, mais avec une bière à la main, faire l'étoile de mer épileptique, c'est pas bien pratique! Du coup, la bière valsait de partout, j'ai béni mon chapeau de paille qui m'a protégé d'une averse de bière!

 

Après, le type a rigolé et enfin il a eu comme un spasme.

 

Et là, comment dire…

 

J'ai eu un reflexe de survie en m'écartant d'un mètre.

 

Voilà la tableau, ca fait une heure que j'attends dehors comme un pauvre con et le seul mec qui sort son nez par la fenêtre est complètement pété et manque de me vomir dessus.

 

En tout cas, cette histoire de vomi a quand même du attirer l'attention des autres invités puisque j'ai commencé à voir plein de têtes sortir des fenêtres et une bonne âme s'est décidée à descendre pour m'ouvrir la porte.

Par zadzig - Publié dans : Zadzig stories...
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /2008 14:51

Avant de me faire découper en rondelles au détour d'une rue par Papy-Panthère, il faut que je raconte encore quelques hontes.

 

Un soir, j'étais invité à une soirée d'anniversaire à thème.

 

Et le thème, c'était campagne chic'.

 

Oui, j'ai ressorti mon chapeau de paille.

 

Oui, j'ai ressorti ma chemise à fleurs.

 

Oui, j'ai ressorti mon pantalon en lin.

 

Quoi, je n'étais pas original?

 

La campagne chic' c'est un truc pour urbains qui aiment trop la campagne de carte postale genre le brin de paille qui sent la pas la bouse, la fleur des champs qui pique trop pas, la blouse de ferme sans fermière toute sale dedans.


Enfin , pas la vraie campagne qui pue, qu'est toute moche, avec plein de bouseux dedans, quoi!

 

Bon, une soirée très sympa, on picole, on rigole, on batifole, enfin on fait plein de trucs en ole, c'est trop bien et tout ça.

 

Mais moi dans les soirées, j'ai toujours une phase coup de barre. Un moment où la clope, l'alcool et la musique ça me fout juste la nausée. Et là, c'est terrible mais je commence à bloquer et à penser à ça :

 


Hotel Bed Jumping par Chrispitality


 

Ca doit être un des premiers effets de la vieillesse, je ne sais pas…

 

Après, mon esprit divague et je bloque sur :

 

 

 

Enfin, bref, genre y'a un marchand de sable caché dans la soirée qui n'arrête pas de me jeter discrètement son sable de merde dans les yeux.

 

Donc, bon, je me prends en main et me décide enfin à sortir prendre l'air, histoire de me rafraîchir l'esprit.

 

Je sors de l'appartement, descends dans la rue.

 

Et, là derrière moi, j'entends CLAAAAAAAAAAC !...

 

La porte de l'immeuble se referme lourdement alors que – je resitue le contexte – d'habitude elle ne se ferme pas cette connasse de porte puisqu'il n'y a pas de digicode, pas d'interphone, bref c'est Fort Knox l'immeuble.

 

Je tente un bramement pour alerter quelqu'un.

 

Rien.

 

Bon, au début, je ne m'inquiète pas vraiment. Je ne vais pas être le seul à descendre. Il y aura bien d'autres personnes qui vont utiliser la porte.

 

Je profite donc de l'air pollué frais, et regarde les lumières de la ville se refléter dans le fleuve…

 

J'ai quand même bien du mal à laisser mon esprit divaguer sur la beauté d'une ville la nuit, je garde gravement l'œil collé à la porte d'entrée de ce putain d l'immeuble.

 

Rien.

 

Nobody.

 

Le plus grave, c'est que les fenêtres de l'appartement sont ouvertes, j'entends les gens qui rient, qui dansent, qui chantent, mais personne ne vient se pencher par la fenêtre.

 

Le temps file. Je commence à avoir froid. J'ai vraiment envie de rentrer.

 

Un groupe sort d'un bar juste à côté.

 

Ca rigole.

 

Un mec bourré me demande où c'est donc que j'ai mis mon troupeau de vaches.

 

Je ne comprends pas bien l'idée sur le coup et puis je réalise que j'ai toujours mon chapeau de paille vissé sur la tête.


Ces cons m'ont donné une idée : j'ai meuglé.
 

 

Nada.

Enfin, si quelques rires de passants qui voyaient un mec déguisé en paysan, meugler au pied d'un immeuble à 2h00 du mat'...
 

J'ai tenté un hululement.

 

Rien. La musique était trop forte à l'intérieur de l'appart'.

 

D'un coup, je vois les lumières qui s'éteignent. Puis j'entends tout le monde qui chante à tue-tête un Joyeeeeeeeeeeeeeeeeeux zzzzzzzzzzaaaaaaaniversaireuuuuuuuuuuu……

 

J'imagine que y'a eu soufflage de bougies quand tout le monde a fait "ohhhhhhh…" Après il y a eu des applaudissements, des rires tout ça, et moi j'étais dehors comme un con à observer tout ça d'en bas.

 

Là, tu as une espèce de sentiment de solitude horrible genre y'a personne qui pense à toi et qui a remarqué que tu n'étais pas là…

 

Tu n'es pas là et tout le monde s'en tape la cacahuète sévère.


Entre ta présence et ton absence, y'a juste aucune différence.

Les gens ils continuent à bien rigoler.

Limite qu'ils rigoleraient plus ces cons!

Un vrai moment de solitude.

 

En desespoir de cause, j'ai tenté un blatèrement.

 

Rien.

 

Après j'imagine qu'il y a eu ouvrage de cadeaux parce que j'entendais des "ouaaaaais", des "youpiiiiiiiiiis" et des "trop bieeeeeeeen".

 

Ca rigolait sec.

 

Mais moi je rigolais pas sec du tout.


Limite je chouignais.
 

A chaque passage de gens dans la rue, j'entendais des commentaires sur ma tenue d'ouvrier agricole.

 

Ca parlait veaux, vaches, cochons.

 

A vrai dire, je ne faisais plus trop attention, j'étais braqué sur les fenêtres de l'appartement.

 

J'ai tenté un croassement.

 

Toujours rien.

Cette semaine la souite : ou comment un mec bourré m'a sauvé la vie.

Par zadzig - Publié dans : Zadzig stories...
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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /2008 10:50

Vous vous souvenez tous de Papy panthère qui avait du mal à retrouver un comportement normal en ces temps de rentrée...

Et bien voilà, ça recommence!!!

La preuve en image :



Comment ça c'est flou??


C'est qu'il va drôlement vite Papy-panthère...!

C'est qu'il se prendrait pour une vraie panthère ou bien??

Bon, vous l'aurez compris, ces derniers temps, je n'arrête pas de croiser Papy-panthère...

Le plus affreux, c'est que la dernière fois, en descendant de chez moi, il m'attendait en bas... l'air de rien, nonchalement avec sa canne de traviole, son sac en plastique dégeu et sa tenue de star hollywoodienne...

Le truc normal, quoi!...

Bon, je marche vite, me faufile à travers les rues et parvient à semer Papy Panthère...

Quand soudain : 



Moi, ça commence à m'angoisser cette histoire...
J'ai l'impression de le voir partout, qu'il me suit, d'être le seul à être perturbé par sa tenue de reine du dancefloor...

Bref, Papy-Panthère... : Le Mystère.

Si quelqu'un a l'explication, merci de l'indiquer en commentaire!
Par zadzig - Publié dans : la malle aux cons
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