Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /2008 18:33

Je réussis toutes les épreuves écrites pour rentrer dans une École de graphisme (si si je vous assure des fois, je peux aussi réussir des trucs!)

 

Il ne reste plus qu'un entretien à passer avec la Directrice de l'établissement.

Une sorte d'entretien de motivation : " oui je suis motivé à mort pour rentrer dans votre École, depuis l'âge d'1 an et demi, je n'ai que ça en tête, je me suis fait tatouer le logo de l'École sur mon testicule gauche, j'en veux, j'en veux, j'en veux, prenez-moi où je me jette du haut de chez moi (459ème étage)!!! "


Vous voyez le genre? 

 

Le matin, ça ne commence pas très bien, je suis en retard, j'ai mal dormi, j'ai l'impression que la marque de l'oreiller restera à jamais graver sur mon visage.

 

Je prends le bus pour me rendre à l'École, embouteillage monstre, coup de chaud terrible!

 

Je finis par arriver pile à l'heure, je cours un peu, je transpire beaucoup, j'ai l'impression de glisser sur un truc, bref, je ne suis plus très bien où j'en suis, je ne suis pas au top de ma forme.

 

La directrice de l'École ouvre sa porte, m'accueille gentiment, me propose d'entrer.

Je pose ma sacoche, m'assois sur le fauteuil faisant face au bureau et maintenant seulement je réalise la situation et je commence à stresser. Il va falloir que je parle, que je joue à l'élève brillant, la perle vivante (THE living Pearl) que tous les chefs d'établissement rêvent de compter parmi leurs élèves.

 

 

Et puis, la Directrice commence à parler. Elle ne s'arrête plus. Elle me vante son École, l'enseignement de qualité, les professeurs renommés, les locaux modernisés.Blablablabla…Blabla BALBALBLAblablablabla….

 

Depuis le début de l'entretien, je ne me sens pas à l'aise. Stressé évidemment, mais quelque chose de supplémentaire, comme une odeur de truc pourri qui règne dans la pièce. Oui, d'ailleurs tiens, c'est vrai, ça pue! Une odeur de mort, un parfum de merde… Je commence à observer la Directrice sous un autre angle. Serait-ce elle qui pue la mort? Avec sa petite coupe au carré bien proprette, son collier de perle et son tailleur blanc immaculé, elle cache bien son jeu. Soit, elle pue de la gueule, soit elle refoule des pieds. J'avance mon buste pour essayer de détecter discrètement la source mais rien à signaler du côté du Bureau. Je me reconcentre sur ses paroles. Toujours du blabla sur la réussite intergalactique de ses anciens élèves, sur la renommée intersidérale des professeurs…

 

Très intéressant tout ça, mais son Bureau pue la merde! C'est quand même pas très classe...

 

Dans un élan de remise en cause, je me dis que ça vient peut être de moi. J'écarte légèrement le bras l'air de rien pour renifler un coup. Rien. Je suis rassuré : mon dessous de bras n'est pas la source de cette odeur indescriptible.

 

Je n'écoute plus le Directrice perdue dans son discours d'autosatisfaction. Je la regarde avec air qui essaie de montrer qu'il y a un problème, qu'on ne fait pas passer un entretien dans un Bureau qui pue la merde de labrador en rut!!!

 

Elle ne saisit rien à mon expression de visage. Bon, il n'y a plus qu'à attendre…

Blablablabla….Blablablabla….Blablablabla….Blablablabla….Blablablabla….


Je me détends en essayant de passer en mode apnée (pas évident!).


Je croise mes jambes et là……….

 

Comment dire...

 

Tartiné.

Enduit.

Recrépi.

 

Tout le bas de mon pantalon est enduit de merde. Ma chaussure en est plein. Voilà un quart d'heure qu'en bougeant et frottant mes jambes, je m'enduis d'une merde de chien collée sous ma chaussure.

 

C'était ça le truc sur lequel j'ai glissé dans la rue avant d'entrer ici. Une merde géante de chien géant.

 

Panique à bord!!!!!!. Je suis recrépi de merde. L'odeur est insoutenable et elle risque de se rendre compte qu'elle reçoit aujourd'hui un étudiant qui se roule dans une merde de chien avant de passer un entretien de motivation! Une méthode de séduction pour le moins originale!

 

Par chance, son monologue est terminé. Elle commence à tordre le nez. Il faut que je stoppe l'entretien immédiatement!

 

"merci pour votre accueil Madame, j'espère à très bientôt!"

Par zadzig - Publié dans : la vie de bureau c'est pas rigolo
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /2008 14:32

 

Été 2002 voyage au Brésil

Des vacances formidables, inoubliables, paradisiaques…

Quatre semaines de découverte intense…

 

Seulement, au bout de trois semaines, je ne sais pas vous, mais moi, j'ai toujours une phase de mal de pays…

 

Un moment où larver sur le sable blanc, parcourir les cités coloniales, ou passer les soirées à siroter des caipirihnas… et bien ça ne vous fait plus le même effet qu'au début du séjour…

 

Une espèce de lassitude, une sorte d'appel intérieur pour retrouver son chez-soi, ses habitudes contre lesquelles on peste toute l'année.

 

J'ai limite envie de me taper une demi-heure de vaisselle, comme une envie de repasser, de payer une facture, de regarder Confessions intimes une connerie à la télé, bref, j'ai le mal du pays!

 

Du coup, en toute logique, je commence à en avoir ras-le-bol de ce pays pourtant si exceptionnel! Je trouve ça sale, bruyant, fatiguant… et puis les autochtones aussi ils commencent sérieusement à me taper sur les nerfs.

 

Moi qui les trouvais absolument géniaux en arrivant…

Moi qui voulais limite me faire naturaliser brésilien dans l'heure

Moi qui était prêt à tout plaquer pour ne vivre que de samba, de caipirinha et de plume dans le derrière carnaval…

 

J'en peux plus...

Les filles sont pas si belles, il y a des moustiques partout, la bouffe est lourde, presque aussi lourde que l'atmosphère humide qui rend tout ce que vous touchez un peu moite… Bref, vous avez compris : j'ai envie de rentrer!!!


 

Il reste encore deux jours et nous devons prendre l'avion pour rejoindre la capitale. Le vol est retardé. On attend dans un couloir d'aéroport. Il est presque minuit. J'ai envie de dormir. Il fait chaud… très chaud… toujours cette moiteur…

Derrière moi, une jeune brésilienne attend comme nous. Au bout de cinq minutes elle est rejoint par une amie. Et, là c'est le début du calvaire.

 

Elle commence à engager la conversation mais elle parle fort… de plus en plus fort! La langue qui sonnait si doux à mon oreille au début du voyage m'arrache maintenant carrément les tympans.

J'en peux plus de leur AAAAAAOOOOOOOooooooo, de leur CHECHECHEchechehchehcheuuuuu……………

 

Il est minuit passé, on attend un avion qui n'arrive pas, il fait une chaleur de bête et deux brésiliennes déchaînées me gueulent dans l'oreille!!!

 

Et, là quand vous êtes fatigués, épuisés, que vous n'êtes pas dans votre assiette, vous devenez d'une connerie bêtise, d'une mauvaise foi, d'une méchanceté rare!

 

J'exprime  mon désespoir à mon amie assise à mes côtés.

 

"Tu crois qu'elle va s'arrêter de jacasser Pépita??? J'en peux plus de leur blabla, ils arrêtent jamais!!! Je déteste le portugueshhhhh!!!"

 

1h00 du matin, ma voisine continue. Subir une conversation en portugais à 2 centimètre de l'oreille me semble désormais relever du hurlement de bébé en pleine crise d'hystérie, du cri du cochon qu'on égorge ou d'un concert de la Star Académy!

 

"Tu veux pas lui dire de fermer sa grande bouche à Chiquita??? Non, mais quelle langue de merde quand même!!! C'est d'une vulgarité tout ces cheucheucheu… pffffffffff et puis t'as vu sa gueule! Ah, non mais moi les Brésiliennes on m'en reparlera! Un gros cul, des petits nibards, des ch'tards plein la gueule, la fête de la moustache… "

 

Les deux copines poursuivent leur conversation… à la brésilienne! Rires, cris, gloussements, intensité allant crescendo….

 

Je suis moi aussi obligé de parler de plus en plus fort pour me faire comprendre de mon amie :

 

-"Tu veux pas lui demander de retourner faire son ménage à Linda de Souza, j'en peux plus!!!"

 

C'est à ce moment précis, que la demoiselle en question s'arrête de parler. Elle se tourne vers moi avec un grand sourire. Autant dire que je suis un peu décontenancé. Je parle tout haut car je sais très bien qu'elle n'est pas prête de me comprendre! Et là, elle me dit dans un français impeccable"

 

"Vous parlez français! Vous êtes surement français! Ah, mais j'adore la France, j'ai habité 20 ans à Paris!"

...

Par zadzig - Publié dans : Sous le soleil des tropiques...
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 14:40

Je reviens vers mon blog après une petite coupure…

Je vais essayer d'être fidèle au rendez-vous du mardi...
 

L'histoire qui suit vous parlera d'autant plus si vous avez chez vous une de ces sublimissimes petites bêtes à poil dénommés chats!

 

Comme tous les amateurs de chats, je suis un peu "grave" avec mon chat. Je pourrais en parler des heures.

 

En fait, je suis assez convaincu que les chats ont tout compris à la vie. Ils se concentrent sur les plaisirs essentiels : manger et dormir. Et au lieu de courir, comme nous, partout derrière je ne sais quoi, ils préfèrent mettre toute leur énergie à faire ces deux choses d'une façon appliquée, esthétique… voire quasi artistique!

 

A chaque déménagement, la problématique "chat" se pose donc avec insistance : assez grand pour disposer d'un espace "intéressant", idéalement un accès dehors pour prendre l'air…

 

Le problème c'est que cette fois, mon chat disparaît une semaine après mon emménagement. Mon appartement a perdu son âme à grandes oreilles ^^. Vide. Désert. Glacial. C'est affreux!

 

Il y a un accès à la cour d'immeuble et donc potentiellement à la rue mais mon chat n'est pas réellement téméraire, il serait plutôt du genre à avoir une attaque cardiaque à chaque coup de sonnette. Ne croyant pas encore à l'auto combustion, j'envisage donc la seule solution : mon chat est parti dans la cour, voire dans la rue.

 

Je pars donc dans la cour : RIEN! Je vais dans la rue, un peu désemparé, je ne sais pas bien comment m'y prendre. Habituellement, j'appelle mon chat en faisant une espèce de sifflement bizarre mais c'est un truc plutôt aigu, assez ridicule. J'imagine que d'un point de vue totalement extérieur, quand on entend ce bruit de bouche, on doit se dire que la grande Zaza ne doit pas être bien loin.

 

Je commence donc à parcourir la rue en émettant mon bruit de bouche hautement viril aux endroits où un chat peut se glisser. Zguizzzguuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiizgougnou
uuuummmmmmmmmmzzzzzzzzuuuu…


Aucun résultat...

 

Je continue en augmentant mon sifflement pervers. Une mamie se retourne un peu affolée... une mère de famille avec une poussette me regarde l'air inquiet et accélère son allure... un chien à moitié endormi sous un porche commence à me suivre… Bref, c'est mal barré!

 

Je rentre chez moi un peu désemparé… Je finis par me décider à attaquer là où je pense disposer d'une réelle chance de retrouver mon chat. Il faut miser sur la stratégie de la bouffe!

 

Je prends donc le sac de croquettes et retourne dans la rue. Là, il s'agit de combiner le sifflement ridicule avec le secouage de paquet de croquette façon maracas…

 

Je commence donc mon affaire…discrètement… autant qu'agiter un paquet de croquette et émettre en même temps une sorte de hululement de chouette puissent être discret…

 

Rien...

Un passant me dévisage l'air inquiet. Ma boulangère jette un œil étonné à travers la vitrine. Le putain de chien est manifestement le seul a apprécier mon petit manège puisqu'il a même ramené un copain. Me voilà donc pisté par deux chiens miteux qui placent tous leurs espoirs dans une chute de croquette. Toujours aucun résultat. Je n'envisage pas une seconde de perdre définitivement mon chat qui est un truc peut être ridicule mais super important pour moi, mon équilibre, tout ça quoi!...

 

Dans un élan de désespoir, je relonge la rue en mettant de côté toute discrétion. Je joue donc un coup de maracas, je siffle façon coyote affamé, encore un coup de  maracas, re-hululement… cette fois, ma réputation est faite dans ma rue. Les gens accélèrent le pas, d'autres me regardent l'air effaré genre :"y'a un mariachi à croquette un peu homosexuel qui fait son numéro dans la rue!!??? C'est normal???"

 

Et là, au détour d'une rue, un collègue de boulot apparaît. Je suis stoppé net dans mon show : le paquet de croquette en hauteur, la bouche en cul de poule, prêt à relancer une série de sifflements stridents. Le collègue vient vers moi. Je suis figé sur place.

 

-"Tiens, Salut! Ça va? Tu fais quoi là avec ton paquet de croquette??"

 

-"Ben, je… baaahh…je cherche mon chat!"

 

Il me regarde l'air amusé. Au même moment, je sens un truc qui se frotte à mes jambes…. :

 

-"Mon chat!!!!"

 

La joie de retrouver mon chat est immense. Je le prends dans mes bras :

 

"Ben alors, t'étais où mon crabougnou toubougnouchoubignou à moi???"

 

Mon collègue resté en face de moi me lance froidement : 

 

"Bon je crois que je vais vous laisser!"

Par zadzig - Publié dans : Peluches vivantes...
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Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /2008 14:46

 

Encore une fois, cette histoire se déroule pendant une journée un peu morose Et oui, souvent les grands moments de solitude se nichent dans ces journées où on est un peu blasé de la vie, du coup, on a un peu l'impression de flotter…et... on dérape!...

 

Je reçois le mail d'un ami d'École que j'apprécie bien. Il est en vacances en Australie et il raconte un peu son voyage tout en demandant des nouvelles de tout le monde. C'est un mail de groupe. Je n'aime pas trop ça même si je comprends bien qu'il n'a pas trop le temps d'écrire personnellement à tout le monde. C'est vrai qu'avec cet ami on est dans un registre un peu particulier… justement on adore se raconter les dernières hontes qu'on a vécu et on aime pas mal aussi se foutre de la gueule des autres personnes de l'École.

Comme aujourd'hui je m'ennuie un peu, je décide de lui répondre sur le champ!

 

 

Objet : marre des cons

 

Salut!!

C'est sympa d'avoir de tes nouvelles!!!

En tout cas, sache que ton voyage en Australie t'a permis d'échapper au calvaire du mariage de Marc...
D'ailleurs il m'a rappelé pour me dire qu'il organiserait bientôt une soirée pour regarder les photos avec tous les gens qui étaient présents au mariage, il a rajouté " ça sera cool, hein?", je n'ai pas compris si c'était du second degré…?
Sérieux, tu ne peux même pas imaginer le tableau… son espèce de blouguiboulga de femme aussi sexy qu'un plat de nouilles froides, les deux familles complètement différentes genre rencontre au sommet entre les Groseille et les Le Quesnois, la bouffe style pain surprise Picard encore à moitié congelé (tiens! Un bout de glaçon au saumon!, Oh! De la glace aux rillettes…), un vieux champagne tiède avec des bulles à moitié agressives… (Ca ne va pas? Tu fais une crise d'épilepsie??? Nan, t'inquiète c'est juste les bulles du champ'…)   Un cauchemar!
Entre les amis de Marc : gentils (mais globalement le problème de balayette géante dans le cul n'a toujours pas été résolu) et les copains de la mariée dont on aurait dit que c'était un pré casting pour l'émission Confessions intimes, les gens n'avaient pas grand-chose à se raconter. C'était ambiance glauque...

Enfin, bref, à part ça je ne sais pas trop si tu as des nouvelles des autres de l'École… J'avoue que je suis bien content d'être sorti de tout ça moi. Ca me pesait l'ambiance étudiante un peu débilos…


J'ai eu des news de Thomas… toujours aussi pathétique… tu ne devineras jamais dans quel secteur il a trouvé du boulot!???? Moi, quand je lui ai posé la question, il m'a répondu :"je travaille dans l'absorbant"…. Je me suis bouffé la moitié de la langue pour ne pas exploser de rire en plein milieu.
En fait d'absorbant, il bosse dans les tampons. Le summum a été atteint quand je lui ai demandé "et y'a des perspectives d'évolution dans cette boîte", et il répond d'un air pénétré... "ben oui, c'est un grand groupe américain spécialisé dans l'absorbant, donc c'est un champ énorme, ils font aussi les sopalins, et puis le papier toilette!". Il m'a dit ça avec une telle emphase, un tel enthousiasme, j'te jure!!! Je ne suis pas prêt d'arrêter de me dire que cette École de commerce nous a sacrément bouffé le cerveau quand même. Le mec, il est pas débile quand même, il a passé des concours, il a fait une bonne École, il a bac +5 et il n'a aucun recul sur lui, il croit à mort à son job, il s'investit jusqu'à l'os dans sa grosse boîte américaine de PQ et de tampons!!! Il pourrait prendre ça avec humour ou autodérision, nan, ça,  manifestement c'est pas possible! Si la grosse multinationale elle vend de la merde en barre, ils en ont rien à foutre!! Alors ça, le sens de leur job, ça leur passe bien au-dessus, l'important c'est que ça soit gros, super rentable et que ça paie bien . Enfin, moi je dis, attention à l'effet boomerang à 40 ans...


Enfin, tu me diras, c'est pas bien pire que cette pauvre Agathe. Je pense qu'elle a pris une option "Vie de merde" ou un truc du genre, c'est pas possible autrement. Entre sa vie sentimentale qui ferait passer un couvent pour une boîte disco et son job de chargé de communication sur le tri sélectif, c'est juste affreux!
L'autre jour, je suis allé dîner chez elle, j'ai voulu mettre un truc à la poubelle, elle est devenue à moitié hystérique parce que je me trompais de bac. En même temps, la poubelle, c'est sa vie! Elle n'a rien d'autre. Ah si, j'oubliais son chinchilla option "vieille marmotte qui pionce" le jour et "je danse le mia" la nuit. Je crois qu'elle ne dort plus, ça doit pas aider pour les nerfs.

Enfin, voilà, à part ça, tu vois, tout va bien! Ça me manque nos séances de daubage du samedi matin, donc tu vois, je me lâche.

Bon, je vais te laisser! Faut que je me creuse pour trouver un bobard à raconter à Caroline pour éviter sa soirée photos des fiançailles, je préfère encore une soirée de merde à parler poubelle chez Agathe plutôt que de vivre ça une seconde fois!

A bientôt!

Julien



 

Le téléphone sonne, je clique rapidement sur le bouton "envoyer". Je réponds au téléphone. Une erreur. J'adore...
Je reviens devant l'ordinateur pour voir la confirmation de l'envoi de mon mail et là je vois :

 

Confirmation de l'envoi du mail

Option : Envoyer à tous

Destinataires : agathe-lemarchand@yahoo.fr ; thomas.m@wanadoo.fr ; marc-th@neuf.fr ; super56gloups@orange.fr ; m-nouroux@aol.com ; pm-fuitard@aol.com ; soup75@orange.fr ; m-boireaux@aol.com ; p-tardy@aol.com ; sup@orange.fr ; b-doutre@wanadoo.fr ; p-utrez@aol.com ;

 

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
A
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAA
AAAAHHHH
HHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHHH
HHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHH
HHHHHHH
HHHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHH
HHH
HHHHHHHHHHHHHHH
HHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!

 

J'ai fait "répondre à tous"… le mail a été envoyé à tout le groupe… Agathe, Thomas et Marc sont dans la boucle. Bon, je crois que j'ai perdu quelques amis aujourd'hui…….

Par zadzig - Publié dans : Zadzig stories...
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /2008 11:36

C'est le mois de mai… il commence enfin à faire beau et un ami profite de l'absence de ses parents pour organiser une grande soirée dans leur maison qui dispose d'un superbe jardin et d'une piscine… Une belle soirée en perspective...

 

Comme le temps du week-end s'annonce particulièrement estival, je décide de m'habiller comme un soir d'été… pantalon blanc en lin, petite chemise caramel, sandales…

 

Je sonne au portail. La commande électrique se déclenche, j'entre dans la propriété… je n'ai malheureusement pas le temps de regarder à quoi ressemble la maison, puisque toute mon attention est retenue par une masse noire qui fonce comme un boulet de canon dans ma direction. C'est un chien. Il est noir. Je ne sais pas ce qu'il me veut !!!

En fait, je n'ai pas trop le temps de réfléchir, puisqu'il se jette déjà sur moi, et enfouis sa tête dans mon entrejambe en reniflant bruyamment "rrrrrrrruuuuuuuuuuooooooooooiiiiiiiuuuuur..."
Je commence à le repousser, il finit par reculer, puis se met à me tourner autour frénétiquement et enfouis cette fois son museau dans mon postérieur… : "rrrooouuuuiiiiiirgrrgrggrnennnuuu" Je le repousse à nouveau en gesticulant et maugréant…

 

J'adore les chiens qui vous reniflent le derrière avec insistance et délectation, ce qui laisse toujours croire aux gens qui vous entourent que malgré votre apparence soignée vous devez quand même sévèrement refouler de la fesse.

 

J'entends enfin une voix hurler :

 

"Bigoudis, tu vas arrêter d'embêter les gens!!! Viens ici"

 

J'aperçois alors une jeune fille qui s'avance vers moi. Elle est blonde, toute frêle, le visage pâle. La grosse boule de poil noir me lâche la grappe et se rue sur sa maîtresse en lui tournant autour comme une abeille… Un couple improbable : elle : petite blonde toute menue et lui, une espèce de grizzli élevé au royal canin…

 

"Bonjour, je suis la sœur de Benoit. Désolé pour ton pantalon. Faut excuser Bigoudi, il est encore jeune. Il est tout fou"

 

Récapitulons donc toutes ces sympathiques informations :

 

- Cette fille est la sœur de Benoit, l'ami qui reçoit. Il a eu l'occasion de beaucoup me parler d'elle. Apparemment un vrai phénomène.

 

- L'espèce de mastodonte noir qui m'a reniflé les parties génitales en guise de cérémonie d'accueil répond au doux nom de "Bigoudis"

 

- Mélissa s'excuse pour mon pantalon????? Mais qu'est ce qu'il a mon pantalon??

 

Je regarde donc et aperçois des traces de bave et de pattes aux endroits visités par le chien… Je vous laisse imaginer un pantalon en lin blanc avec deux auréoles idéalement placées… Pour débouler dans une soirée pleine de monde, c'est très chic!

 

Les différentes options sont simples :

 

- soit je passe la soirée à entendre "mais qu'est ce t'as fais?? Tu t'es chié pissé dessus?"

 

- soit je rentre chez moi et je me change.

 

J'opte sagement pour la seconde solution. Heureusement, j'ai un deuxième pantalon en lin de couleur un peu plus foncé à disposition.

 

Au bout d'une demi-heure, je me présente à nouveau chez Benoît avec, je vous l'avoue, une pointe d'appréhension. Heureusement pour moi le chien a disparu. Sa maîtresse aussi. Je salue tout le monde. L'ambiance est sympathique : la piscine allumée, le barbecue lancé, les bouteilles débouchées!

Je donne à Benoît le cadeau que j'avais apporté : des chocolats nougatine-praliné achetés chez un chocolatier réputé qui vendait ça au prix de l'or.

 

Je commence donc à prendre un verre en discutant tranquillement avec une amie.

Soudain, un hurlement laisse tout le monde de glace :

"Noooooooon, Bigoudis!!!!! Revieeeeeeeeeeeeeens!!!"

  

Je n'ai pas le temps de me retourner que je sens déjà une masse me bousculer. Le chien est contre moi, il me renifle bruyamment sous toutes les coutures. J'ai l'impression d'être un gland élégamment reniflé par un cochon sauvage en Corse!!! J'essaie de me débattre pour éviter un autre drame… trop tard… deux trois personnes commencent déjà à me tapoter les fesses pour faire partir une :  "marque de bave ou je sais pas quoi mais c'est tout marron"…

 

Face à moi, Melissa, aucunement gênée, rie aux éclats.

 

"Ben je crois qu'il t'aime bien on dirait!"

 

Je pars dans la salle de bain complètement énervé… Je m'essuie le pantalon avec une éponge mouillée… je vous laisse imaginer le résultat sur du lin… le fameux effet transparence. Je retrouve donc mon pantalon avec des traces jaunes et une option transparence genre "tiens tu as mis un boxer vert de marque Dim aujourd'hui, c'est très sympa!"

 

Je retourne piteusement vers la piscine en slalomant entre les arbres-tables-chaises, bref tout ce qui peut cacher un peu le désastre… 

 Je reprends un verre pour me détendre et trouve quelques bonnes âmes prêtes à dresser une liste des inconvénients des chiens et accessoirement critiquer l'attitude sans gêne de cette Melissa.
Comme nous parlons d'elle, je la cherche du regard et là, je la trouve en train de lancer en l'air des sortes de bonbons que son chien attrape en sautant. Je continue à rire avec les autres, mais je bloque sur cette scène qui m'interpelle sans trop comprendre pourquoi. Melissa prend ces bonbons dans un petit sac doré…. C'est marrant, ça me rappelle quelque chose… AAAHHHHHHHHHHHHHHH!!!! Mais, oui! Mes chocolats!!! Mes nougatines-pralinés qui m'ont coûté un bras chez le meilleur chocolatier du coin!!! Elle vide le sac de mes supers chocolats dans l'estomac de son Bigoudi-Chien-Ours-Saloperie-sur-pattes!!! Les bras m'en tombent… je reste totalement impuissant face à cette scène… Lâchement, je décide de ne rien dire pour ne pas gâcher la soirée et me réconforte au milieu des bouchons qui sautent… je crains un peu le malaise si jamais je fonce sur elle en lui ordonnant d'arrêter de prendre mes supers chocolats pour des pétales de chocapic!

 

Au bout d'une heure, Melissa a manifestement baissé les bras car son chien est en liberté au milieu de la soirée. Bigoudis s'en donne à cœur joie, il manque de renverser les braises rougeoyantes du barbecue sur les jambes d'une invitée, il se lance dans l'aménagement paysager en déterrant une rangée de rosiers, et s'improvise gouteur en testant les différents plats servis sur le buffet.. Tout ça en reniflant deux trois arrières trains au passage… un amour!

 

J'ai du mal à rester calme devant la situation. Benoît m'a toujours dit que sa sœur était "spéciale" mais je ne savais pas que c'était son chien qui était surtout "spécialement insupportable". Je discute un peu avec lui, il est gêné. Cependant il me précise l'air satisfait qu'au moins "Bigoudis n'est pas agressif"… Je reste perplexe quelques secondes devant le fait qu'un bigoudis puisse être agressif… 

Puis, benoît m'explique qu'il y a encore quelques semaines, Bigoudis avait des accès de violence. Melissa avait même eu des problèmes avec son voisin car Bigoudis lui avait à moitié arraché le pied… et depuis quelques temps, Bigoudis était devenu très pacifique… J'imagine sans mal la peur du voisin car Bigoudi, bien que son nom ne l'indique pas, était impressionnant et certainement très puissant.

 

La soirée se poursuit malgré tout. Tout le monde vit dans la terreur de se faire inopinément renifler le derrière mais l'atmosphère est plutôt agréable…juste entrecoupée par les cris des "victimes" du chien, comme cette pauvre fille qui s'est empêtrée son talon dans une merde un "souvenir" de Bigoudis.


En fin de soirée, je décide de faire une halte aux toilettes pour évacuer un peu l'alcool… Quand je veux ressortir des toilettes, je perçois un bruit étrange, comme un grognement. Je passe donc la tête doucement sur le côté de la porte. Bigoudis trône dans le couloir. Il a les yeux fixés sur moi, les babines retroussées et il grogne. Bref, une situation où le doute est difficilement permis : ce chien est le premier psychopathe canin : après m'avoir copieusement renifler les fesses, apparemment à son goût, maintenant il veut les bouffer! Je referme doucement la porte des toilettes et tente de faire le point sur cette situation tragicomique.

 

Cette soirée tourne vraiment à la catastrophe… si je sors, il faut que j'envisage sereinement le fait que ce chien va me dévorer l'arrière train, je vais me vider de mon sang par les fesses et je mourrai là, lamentablement dans un couloir menant aux toilettes… peut-être aurai-je juste le temps d'écrire avec mon sang sur le mur : "Bigoudis m'a tué"…?

 

L'autre solution, c'est la fenêtre! Je peux me glisser par la fenêtre! J'opte pour cette solution qui peut assurer ma survie. Je monte sur les toilettes, ouvre la trappe et me hisse difficilement jusqu'à l'ouverture. Et là, je me laisse tomber de tout mon poids dans l'inconnu… la réception au sol est brutale mais je suis en vie! Bigoudis n'aura pas ma peau! Je me relève, j'ai de la terre un peu partout mais je ne suis plus à une tâche près… je sens quand même comme une sorte de boue collante au niveau de mon dos… j'effleure avec mon doigt… Bigoudis n'a pas totalement perdu : je suis tombé dans un de ses "souvenirs"…!

Par zadzig - Publié dans : Peluches vivantes...
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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /2008 11:13

 

 

Si je vous dis : Grand bazar, Mosquée bleue, Loukoums par milliers et Palais de Topkapi, vous pensez immédiatement (?) à Istanbul

 

Mon escapade en amoureux à Istanbul date d'août dernier, et c'était une succession d'instants assez fabuleux … Mais, bon, rassurez-vous, il y a également eu de vrais, grands moments de solitude…

 

En fait, pour tout dire mon grand moment de solitude stambouliote s'est passé au Hammam.

 

Le Hammam, autre cliché institution turque…

Dans les guides, je lis tout un tas de chose sur les hammams. L'héritage antique, l'art de vivre à l'orientale, le souci du bien-être corporel… Après de longues hésitations sur le choix de l'établissement pour vivre ce pur moment de détente, nous décidons d'opter pour une vieille institution du…XVème siècle! Notre choix est principalement motivé par le fait que le personnel de l'établissement ne demande jamais de bakchich. Le prix d'entrée est donc un peu élevé mais, au moins, vous ne risquez pas de vous retrouver seul et nu, plein de mousse parce qu'un masseur refuse de vous rincez si vous ne lui donnez pas une petite pièce.

 

Enthousiaste à l'idée de larver sur une pierre chaude, je me précipite vers une vieille cabine en bois pour me changer. Je quitte mes vêtements, met une trop petite serviette autour de ma taille, chausse des sandales poisseuses et… en avant pour l'expérience! Je traverse l'espace réservé aux cabines. Ambiance garantie. Des vieux turcs discutent autour d'un café, les deux hommes responsables de la gestion des sandales et des serviettes se disputent bruyamment. Je me dirige lentement vers l'entrée du hammam proprement dit. Pour l'instant, j'adore! Je me prends carrément pour un haut fonctionnaire de l'Empire Ottoman qui va se détendre au Hammam après une dure journée de labeur…


J'entre dans une première salle où règne une certaine agitation. Des turcs habitués déambulent d'un endroit à l'autre. Quelques occidentaux, comme moi, semblent un peu désorientés. Faut-il aller se laver? Faut-il aller dans le bain de vapeur? Puis, régulièrement, un masseur surgit de nulle part et donne deux trois instructions au client qui part avec lui dans la pièce centrale.


J'attends toujours qu'un masseur vienne me chercher. Nous ne sommes plus que trois à attendre. Et puis, finalement je vois arriver nos trois masseurs. Il y a deux petits hommes, plutôt frêles et très souriants qui commencent à parler aux deux personnes qui attendent avec moi. Le troisième masseur, le mien… comment dire… rien qu'en le voyant, j'ai senti que je n'oublierai jamais cette expérience! Grand, gras comme un loukoum, moustachu de partout, bref une masse de chair et de poils qui manque déjà de me briser les doigts en me serrant la main. Je ne comprends pas grand-chose à ce qu'il me baragouine dans un anglais embué de vapeur. Après quelques phrases incompréhensibles, il me donne une grande tape virile dans le dos, genre "c'est pas parce que je vais te masser que je suis une grosse tapette", je manque de glisser lamentablement sur le sol humide. Je ris niaisement et le suis dans le bain de vapeur. Je finis par comprendre qu'il veut connaître mon prénom. Je lui réponds donc "Julien", et, comme pour me dire qu'il a bien compris, il me donne une tape amicale sur le haut de la tête puis se met à répéter sur tous les tons possibles : "Djouliaaaa, Dchuliaaaaaa, Jouliarrrr, Chuliaaa…"

Bon, je ne m'appelle pas Djoulia, et j'aimerais qu'il me témoigne son amitié autrement qu'en me frappant, mais je préfère me taire en me culpabilisant d'être aussi hermétique à l'esprit de camaraderie du grand peuple turc.

 

La salle est magnifique, tout en marbre, surmontée d'une grande coupole percée de trous par lesquels jaillit la lumière.

Mon masseur semble m'indiquer d'attendre sur la pierre chaude. J'obéis docilement.

 

Je m'installe donc, ne sachant pas très bien s'il faut que je m'allonge, que je surveille le retour de mon masseur, que je fasse un tour sur les côtés près des robinets dorés…

Je regarde autour de moi pour chercher l'inspiration. Les autres se prélassent dans la brume, en attendant qu'un masseur ne s'occupe d'eux.

Je m'allonge donc sur le marbre chaud. Je regarde les ouvertures dans la coupole. C'est assez magique. J'essaie donc de me détendre… Il fait chaud, très chaud… Ma respiration devient difficile. Mes yeux se voilent. Je me mets à transpirer comme jamais auparavant. Ma peau se met à exhaler des copeaux de crasse noire. Je ne me liquéfie pas, je me crassifie! La transformation en boule de crasse est imminente… Je pensais pourtant être propre! Mon corps se met à rejeter une masse impressionnante de matière noirâtre. Il fait toujours très chaud, trop chaud… Je relève la tête dès que je sens un mouvement près de moi, peut-être s'agit-il de mon masseur. A chaque fois, il s'agit d'un des petits masseurs sympas, qui appellent leurs clients et qui se mettent à les laver consciencieusement comme des gros bébés.

J'attends toujours. Rien ne vient. Mon armoire à glace a disparu. Je me dis que, comme d'habitude, avec ma chance, je me tape le plus roublard de tous les masseurs de Turquie.

J'attends encore. J'ai vraiment trop chaud. Tous ceux qui sont rentrés en même temps que moi sont déjà en train de se faire laver. Moi, je continue à fondre comme une glace au soleil. Je commence à avoir la tête qui tourne. Je ne distingue plus vraiment les ronds de lumière de la coupole. J'ai du mal à relever la tête quand j'aperçois quelqu'un qui pénètre dans la pièce. Tout mon corps est lourd…lourd…lourd... Je voudrais bouger mais je suis véritablement immobilisé. Je sens que l'évanouissement n'est plus très loin. Dans mon délire de chaleur, j'imagine l'annonce déposée par ma famille dans le carnet du jour du journal :

 

 

La famille Y a la tristesse de vous annoncer le décès de

 

Julien Y

Décédé accidentellement à Istanbul, réduit en boule de crasse dans un hammam stambouliote

(son masseur n'est jamais venu le chercher)

 

Voilà, je vais mourir là, sur cette pierre chaude, à moitié à poil, avec une malheureuse serviette qui baille. Je me rassure en disant, qu'au moins, je sais quelle sensation doit avoir l'œuf au plat quand il cuit par en-dessous. En même temps, je ne souffre pas, c'est plutôt une mort douce, mise à part les accès de panique que j'ai quand je me rends compte que déjà deux ou trois fournées de types arrivés après moi ont fini leur séance.

Mon affreux masseur ne revient pas, il m'a abandonné. Il est peut-être déjà en train de vendre mes vêtements sur eBay…


Je ferme les yeux, abattu, vaincu.........


Soudain, dans mon semi coma, je distingue un ricanement gras. J'ouvre un œil et aperçois quelques dents perdus au milieu d'une moustache géante : il s'agit de mon masseur! Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, lui sauter au cou ou l'engueuler vertement.

Apparemment, de son côté, tout est normal, il me tire par le bras et me pose sur le bord de la pierre. Il continue à me parler dans son anglais improbable. Je suis complètement KO. Il me masse comme une brute. J'ai l'agréable sensation qu'un troupeau de dromadaires danse le flamenco sur mon dos. Je me sens totalement ailleurs, comme un pantin désarticulé. Je ne suis plus qu'une masse molle inerte. Dans un état à demi conscient j'envisage plusieurs hypothèses :

 

- je me suis transformé en loukoum (j'en ai abusé la veille)

- je me suis transformé en boule de crasse (probabilité : forte)

- je suis une pâte antistress dans les mains d'un géant des steppes

- je suis un futur kébab tournant : le masseur évalue la fermeté de ma chair pour m'attendre à la sortie du hammam, me faire la peau et me vendre au resto d'à côté.

 

Soudain, je sors de ma torpeur, mon masseur ma savonne violemment, tellement violemment, que je sens ma serviette se dénouer. Dans un élan de pudeur, je m'accroche à ma serviette en essayent de défendre le peu de dignité qu'il me reste encore (?). J'ai l'impression que ça devient un jeu, et ça me fait moyennement rire. A chaque passage de ses grosses mains, il tire sur ma serviette. Ce masseur a décidé de m'humilier!!! Il veut me foutre à poil!!!

Il finit par me balancer une bassine d'eau glacée sur tout le corps : je pense que Claude François a du ressentir le même genre de sensation juste avant sa mort! Heureusement pour moi, la vie continue. Mon masseur me redresse et commence à me savonner le visage. Il insiste sur mes joues et ma barbe naissante. Il me gratte le cou, et moi, comme un chat, je tends le cou en souriant bêtement. Ca le fait beaucoup rire. Pour sceller un peu plus notre amitié toute virile, il me met une petite gifle genre, "t'es content mon cochon, hein!".

Je ne sais comment dire que j'adore le concept du masseur qui après vous avoir oublié dans une pièce à 50 °, manque de vous mettre à poil pour finir par vous gifler gentiment devant un parterre d'habitués amusés.


La séance continue, j'en oublie qu'il me parle, pourtant, il semble insister. Sa voix se fait quasi menaçante. Je me concentre donc un peu plus sur ses propos. Je finis par comprendre qu'il veut un bakchich.
Globalement, je discerne : "you are happy, so give me money!". Il précise également qu'il m'attendra… à la sortie!

Oui, je sais, le concept du bakchich est très répandu en Turquie, mais voilà, j'avais choisi cet établissement justement parce qu'il n'y avait, soi-disant, pas ce genre de demande. Je me dis que je vais essayer de filer en douce mais hors de question de payer encore plus cher ce mastodonte qui a failli me laisser crever la bouche ouverte sur une pierre chaude.

Avant de partir, il récidive avec une grande claque dans le dos, je ne réagis même plus, mon dos est anesthésié par la chaleur et le massage à coup de sabot. D'un coup, son regard deviens menaçant et il me lance : "don't forget the money".

Oui, oui, je n'oublie pas l'argent, je vais juste tenter de revenir un peu à moi sous une douche à température normale

Je finis par remonter dans la cabine. Me rhabille. Descends discrètement les marches. Me dirige vers la sortie telle une ombre, une anguille, une vapeur de hammam... Soudain, j'entends :

 

"Djouliaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa"

 

Je me retourne. Mon masseur continue :

 

"Djouiliaaaaaaaaaaa!!! My friend!"

 

Les vieux turcs assis-là regardent la scène d'un air amusé, genre " tiens, encore un qui se fait rouler en direct par le gros Michel " (oui, je sais, il ne s'appelle pas Michel, mais pour moi Michel c'est international, c'est mon Monsieur tout-le-monde).

 

Je vais donc en direction de mon nouvel ami, lui tends quelques pièces d'un air désespéré. Il me répond d'un :

 

"Thank you my friend!" et me donne une tape dans le dos tellement forte que je tombe sur le tas de serviettes usagés placé en pyramide à côté de moi….

Par zadzig - Publié dans : Sous le soleil des tropiques...
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /2008 15:05

Comme tout le monde, quand vous commencez un nouveau boulot, au début vous êtes tout entier pétri de bonnes résolutions : pas de coup de fil perso, pas de retard le matin, pas de départ à 17h00 les vendredis soirs en rasant les murs… Bref, vous êtes prêt à vous investir totalement, à vous sacrifier aveuglément pour défendre la cause de votre organisation…

 

Généralement sinon, consulter votre médecin, ce stade ne s'éternise pas. Une fois que vous avez compris le fonctionnement global de votre entreprise et les petits travers de vos collègues, vous entrez dans une seconde phase, celle des petits arrangements du quotidien. Un coup de fil personnel de temps en temps n'a jamais coulé une boîte, ça se saurait?


Moi, le pire, c'est surtout le mail. Au début, mon adresse professionnelle est complètement interdite à mes amis. C'est limite au même niveau que mon code de carte bleue. Je refuse tout net de recevoir en direct la dernière blague douteuse d'un vieux pote d'École. Je refuse de me faire harceler au boulot par l'envoi d'une newsletter d'un site débile sur lequel je me suis inscrit pour participer à un concours. Je refuse de me faire pourrir la journée par l'envoi de 150 mails participatifs au sujet de l'organisation de la soirée du week-end.

Et puis, vient le jour où vous commencez à vous détendre, à vous dire que, non le service informatique n'est pas la Stasi et ne remplit pas de fiche à partir de vos mails, que vous faîtes correctement votre boulot et que ce n'est pas un malheureux mail perso qui peut vous compromettre.


Vous commencez alors à lâcher la précieuse adresse auprès de vos amis…


Et là, vous acceptez tout : les mails groupés débiles, les newsletter pourries, les vidéos au goût douteux…

En parallèle, les sites de vidéos en ligne deviennent vos nouveaux collègues de pause. Là aussi, vous ne soupçonnez plus le service informatique d'envoyer à votre chef une liste des sites que vous visitez constamment assidument.


C'est donc la grosse détente. Et c'est pas mal!

 

Un matin, mon ordinateur commence à marquer des signes de faiblesse, il devient lent… lent… lent... Ca m'agace. J'appelle le service informatique qui prend bonne note et m'informe que quelqu'un s'occupera de mon problème dans la journée.

 

Je continue donc mes activités. Les heures passent... Pause déjeuner. Café entre collègues. Retour au bureau…

 

J'entre dans la torpeur des débuts d'après-midi. Je déteste ça. Je me sens lourd, je suis en pleine digestion. Pas de coup de fil... L'atmosphère est pesante, mon esprit devient aussi lent que mon ordinateur…

 

 

Heureusement, aujourd'hui, c'est jour de délire par mail avec une amie. Généralement, on commence par se donner un surnom débile, s'envoyer une image stupide (attention nid sur stuffonmycat.com) ou on commente un mail craignos d'un ami commun.

Ce jour-là, je ne me souviens même plus très bien pourquoi, mais le délire portait sur une vague histoire de saucisse.

Du coup, mon adresse pro ressemblait vaguement à ça :


Re : Môa je kiffe GRAVE la saucisse

Môa je kiffe GRAVE la saucisse

Re : Je kiffe la saucisse, pas tôaaaa

Je kiffe la saucisse, pas tôaaaa

Re : Re: Re : Oh Hisse la Saucisse!!!

Re : Re : Oh Hisse la Saucisse!!!

Note interne du Directeur des Services

Re : Oh Hisse la Saucisse!!!

Oh Hisse la Saucisse!!!

Re : Rendez-vous service communication

Re : Re : Re : Salut Vieille Saucisse!!!

Re : Re : Salut Vielle Saucisse!!!

Re : Salut Vieille Saucisse!!!

Rendez-vous service communication

Salut Vieille Saucisse!!!

 

En parallèle à ce délire de début d'après-midi, je décide d'aller regarder une petite vidéo en ligne. Et généralement, je l'avoue je ne pars à la recherche du dernier documentaire programmé par Arte mais plutôt de la dernière émission de trash tv, genre Confessions intimes. Que voulez-vous, je suis hypnotisé par ces familles qui vivent à 6 sur un smic, et qui se complaisent dans des questions existentielles du style : mon mari doit-il me payer une nouvelle paire de seins? Est-il normal de me faire traiter de vieille pute en chaleur par mon enfant de 4 ans? Est-ce acceptable que ma femme préfère sa collection de chinchillas en porcelaine à moi?...

 

En l'occurrence, à ce moment-là, j'étais plongé dans un reportage sobrement intitulé : " mon obsession du ménage brise mon couple".

Une Josiane faisait régner la terreur chez elle, elle veillait compulsivement à garder son joli intérieur (lampe-dauphin, table basse Betty-Boop, guitare en néon accrochée au mur, poster de Johnny au-dessus du lit conjugal…) propre et rangé! Elle rentrait en crise d'hystérie quand son mari ne mettait pas ses chaussons-Titi… quand il renversait une goutte de pastis par terre… quand il refusait de passer ses week-ends à astiquer l'écran plat.

 

Tout à coup, mon téléphone de bureau sonne. Il me faut une seconde pour revenir dans la vie réelle. Je baisse le son et décroche.

 

"Oui, bonjour, c'est Monsieur Duchemin du service informatique, vous avez signalé un problème. Je vais donc prendre la main à distance sur votre ordinateur!".

 

Pour ceux qui ne le savent pas, quand un technicien "prend la main" sur votre ordinateur, ça signifie, que votre souris ne vous répond plus et que votre ordinateur devient le sien. Votre écran devient son écran et il dispose de toutes les commandes alors que vous ne pouvez rien faire à part constater que votre curseur bouge tout seul. Bref, vous avez la désagréable impression que le technicien est dans votre machine!

 

Évidemment, à cet instant-là, énorme vent de panique

Je retourne la tête vers mon écran…Josiane est en pleine crise de nerfs contre son chien qui a laissé des traces de pattes sur la terrasse…

Je me précipite sur ma souris pour supprimer tout ça, au plus vite!

Trop tard! Ma souris ne répond plus!

Je la vois même bouger toute seule, elle est hors de mon contrôle, le technicien a déjà pris la main.


Silence gêné au téléphone... Le technicien sur un ton ironique :

 

"Je peux éteindre ça?"

 

Que dois-je répondre?

 

a- dire que le marketing sur internet est vraiment devenu très agressif et que cette page est apparue sans que je ne demande rien!!!

 

b- vitupérer contre les spams, chevaux de troie, et autres virus et en rajouter un max en se plaignant de l'incompétence du service informatique qui ne fait pas son job. Vous en avez assez d'être perturber dans votre travail par l'arrivée inopinée sur votre écran de pages de ce genre…

 

c- se lancer dans une confession pathétique du genre "je suis accro à la trash tv, aidez-moi…"

 

d- raccrocher, démissionner sur le champ, changer d'identité et de pays…

 

 

Lâchement, je dis simplement :

 

"Oui, bien sur"

 

Et là, second effet terrible, la page de vidéo s'efface pour laisser place à ma boîte électronique avec le fameux :

 

 

 

Re : Môa je kiffe GRAVE la saucisse

Môa je kiffe GRAVE la saucisse

Re : Je kiffe la saucisse, pas tôaaaa

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Re : Oh Hisse la Saucisse!!!

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Re : Rendez-vous service communication

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Salut Vieille Saucisse!!!

Je deviens rouge, j'ai chaud, je me mets à transpirer à des endroits dont je ne soupçonnais même pas le potentiel de sudation….

Re silence gêné du technicien…

 

"Je peux éteindre votre boîte aussi"

 

Je réponds avec un automatisme absolu :

 

"Oui, bien évidement"

 

Mais, là, j'avais surtout envie d'hurler : "par pitié oubliez tout ce que vous avez vu!!!!"

Je suis certain que ce technicien allait se répandre en rumeurs dans les jours qui viennent dans tous les services. La réputation allait enfler. Et puis un jour, dans les couloirs du boulot on ma glissera sournoisement à l'oreille "salut Vieille Saucisse!!!" et je resterais à jamais figé sur place.

 

Par zadzig - Publié dans : la vie de bureau c'est pas rigolo
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Mardi 1 avril 2008 2 01 /04 /2008 17:25

La honte parfois, vous la subissez par l'intermédiaire de quelqu'un...

Un ami un peu boulet que vous ramenez dans une soirée…

Un vieux cousin qui pourrit les repas de famille avec ses blagues de cul pas drôles qui défrisent mamie…

Ou alors, une nouvelle copine que vous ne connaissez pas encore trop et que vous ramenez à un dîner entre amis…

Vous savez, le genre de filles sur qui on tombe en période de famine sentimentale intense, de grève du slip éternellement reconduite ou de transformation progressive en Père Abbé d'un monastère traditionnaliste…

… croisée au hasard d'une cucaracha party en discothèque… rencontrée sur un réseau de rencontre par internet ou… choisie parmi les petites stagiaires écervelées du boulot…

Bref, des rencontres qu'on aurait du éviter, des jours où on aurait du rester à la maison à regarder des conneries à la télé (mais qui a parlé de Confessions Intimes??).

En l'occurrence, la demoiselle, je la rencontre en boîte de nuit (pas de commentaires!). Archi bourré version "personne ne m'aime/ je vais mourir seul/ on mettra un mois à signaler ma disparition/ j'aurais pourri sur place dans mon appartement", je décide donc de tenter l'opération de la dernière chance pour me sortir du célibat et je commence à engager la conversation avec une jeune fille qui me semble sympathique.

Honnêtement, j'ai peu de souvenir de cette discussion. Cela explique peut être la suite... Tout ce que je sais, c'est que pour une première expérience de drague en boîte, le résultat est là : je repars avec son numéro de téléphone. Elle s'appelle Amandine.

On se revoit deux jours plus tard. On discute un petit peu, je la trouve fraîche, amusante, un peu enfantine comme j'aime. Très rapidement, l'aspect enfantin est passé au second plan pour laisser place à la séquence réservée aux adultes!

Le lendemain, un ami m'appelle pour me proposer de venir dîner chez lui et sa compagne avec quelques amis d'École. Je connais bien cet ami et je connais encore mieux le type de soirée qu'il me propose. La dernière fois, j'étais le seul célibataire au milieu de trois couples. Dans ce genre de situation, vous rentrez chez vous à moitié révolté de constater que des gens même débiles, même affreux, mêmes insignifiants parviennent à connaître les joies de la vie de couple

Évidemment, j'attends qu'il me dise la phrase fétiche :

"Tu peux amener quelqu'un, si tu veux!"

  Or, rien ne vient, si ce n'est :

"J'imagine que tu viendras seul?"
Là, j'avoue que je suis un peu piqué au vif. Je m'enferme dans le rôle de l'éternel célibataire, le mec incapable de vivre un truc un peu construit avec quelqu'un, et je n'aime pas trop cette idée!

Alors, je me surprends à lui répondre :

"Et bien si, je serai accompagné. J'ai rencontré quelqu'un!"

A la fin de ma phrase, je réalise bien la part d'inconscience qu'il m'a fallu pour m'engager comme cela. J'invite à dîner chez des amis (plutôt "classiques" dirons-nous), une fille rencontrée deux jours avant en boîte de nuit alors que j'étais dans un état d'ébriété avancé.

C'est ce qu'on pourrait appeler un pari, un challenge ou plus sobrement une grosse connerie!...

Je propose donc à Amandine qui accepte immédiatement. Malheureusement, elle n'est pas disponible le soir même, histoire de mieux faire connaissance... On doit donc se retrouver juste avant le dîner au bas de l'immeuble de mon ami.

 

L'heure du dîner approche. Je me prépare, pars en voiture et arrive avec quelques minutes d'avance. Amandine est déjà là, emmitouflée dans son manteau. Elle se jette à mon cou, m'embrasse avec insistance, me caresse le cou, bref, elle en fait trop! Beaucoup trop à mon goût en tout cas. J'en profite pour lui dire que mes ami(e)s sont des gens plutôt classiques, ils sont un peu dans le moule du jeune cadre dynamique, version bonne famille de province. Il faut donc qu'elle garde un comportement discret, une attitude à la fois sereine et élégante (genre Carla Bruni, version voyage chez Elizabeth II).

 

Quand on ouvre la porte, je sens la curiosité qui jaillit dans le regard de mes ami(e)s. Amandine commence à enlever son manteau. C'est à ce moment que j'entends sur un ton plutôt ironique :

"Oh, il est sympa ce haut!"

Rien qu'à l'intonation de mon ami, j'ai compris le second degré. Je ne le sais pas encore mais cette phrase sonne le signal du début du déclenchement de la catastrophe.

Amandine se retourne souriante et j'aperçois alors son tee-shirt…

Pour se l'imaginer, il faut visualiser une sorte de matière en véritable boule à facette sur laquelle on aurait écrit en énorme avec un stylo à paillettes fuchsia "Sexy Girl".

Le premier tee-shirt qui peut tuer instantanément les épileptiques et les clients de Cyrillus.

En fait, dès ce moment là, j'aurais du m'enfuir, partir loin et faire une croix sur ces amis... Hélas, je suis resté.

La discussion commence. Amandine reste plutôt muette et je préfère ça. Je me demande comment j'ai pu me mettre tout seul dans une situation comme celle-là. Une fille qui met un tee-shirt pareil pour un premier dîner chez des amis ne peut être normale.

Apéro. Passage à table. Pour l'instant, à part le tee-shirt, tout va bien!

Puis la conversation vire sur les États-Unis. Le voyage aux États-Unis d'un jeune couple invité comme nous, la Californie… la bouffe… la culture américaine… la politique américaine...

C'est alors qu'Amandine décide courageusement de sortir de son mutisme. Elle lance :

"Leur Président Georges Bûche, déjà, c'est du n'importe quoi!"

Silence total... général... radical…

Je suis limite en crise de tétanie...

Mon ami reprend :

"C'est marrant ça, comment tu prononces Georges Bush?

Et Amandine lancée comme un bolide sans frein qui fonce droit dans un mur
"Ben, Georges Bûche, c'est bien un U, non?"

 Je m'interpose, déjà blasé...

"Oui, mais ça se prononce "Ou" : Georges Bush"


Comment expliquer que cette fille ne sache pas prononcer correctement le nom du président américain?

a- c'est une grande intellectuelle qui n'écoute ni la radio, ni la télévision mais qui lit beaucoup la presse et, naïvement, prononce Bush à la française.

b- c'est un robot envoyé par les Martiens pour envahir la planète Terre et elle est en plein bug informatique.

c- elle est à moitié débile et il faut simuler une gastro foudroyante pour quitter le dîner sur le champ.

d- c'est une sombre conne et le seul moyen d'arrêter l'humiliation qu'elle me fait subir est de lui planter un couteau dans le dos.

Gentiment, un des invités poursuit la conversation sur la guerre en Irak. Je jette un regard noir à Amandine qui ne paraît pas particulièrement gênée. Mon ami me lance un regard amusé, je lui souris l'air un peu complètement désespéré.

Le dîner se poursuit, dès qu'Amandine tente de parler, je parle fort pour l'interrompre et éviter une nouvelle catastrophe. Je bois un peu pour faire passer ce grand moment de solitude. Puis, forcément, je baisse la garde. Et pendant 15 minutes, nous assistons à un véritable festival de connerie en barre.

On évoque le chômage. Amandine suggère de réformer la SPA pour mieux traiter les chômeurs.

"Tu veux pas plutôt parler de l'ANPE?"

Et puis, toujours avec cette incroyable façon de s'enferrer avec insistance dans le ridicule.

"Mais non, je parle bien de la SPA, tu sais le truc où tu vas quand tu cherches du boulot"

 On parle de l'Afrique du Sud.

"Il paraît qu'en fait, il fait super froid en Afrique du Sud, alors que, pourtant, c'est situé au Sud".

"Euh, tu ne confonds pas avec le Pôle Sud???"

 J'en passe et des meilleurs, un véritable prix Nobel de la bêtise et de l'inculture.

 

Et puis, vient le moment du départ. Je suis abattu, j'ai passé une affreuse soirée. Je veux simplement mettre un terme à l'humiliation que me fait subir "Sexy Girl".

 Mon ami lui lance avant de partir :

"Et au fait, comment vous vous êtes rencontrés?"

 Amandine, décidément très en forme en fin de soirée, commence :

"Ben, en fait, je vais tous les samedis soirs en boîte (ça commence déjà très fort et très classe!) et samedi dernier, je suis tombé sur lui et ça a été un vrai coup de foudre mutuel".

 Je n'ai même plus la force de répondre et de corriger ses propos en précisant que :

- j'avais trois grammes d'alcool dans le sang...

- que j'avais un coup de blues à déprimer Annie Cordy...
- que j'avais juste besoin de compagnie, un chat aurait fait l'affaire, mais sur une piste de boîte de nuit, un chat, c'est moyen trouvable...

- qu'il n'y a jamais eu de coup de foudre à part dans son cerveau déglingué...

- que je vais quitter cette fille dans les cinq minutes qui suivent...

 

Je remercie mes amis pour ce délicieux dîner et tourne les talons.

Au bas de l'immeuble, je dis rapidement au revoir (Adieu) à Amandine qui me lance :
"Ca va, j'ai pas dit trop de bêtises?"

Par zadzig - Publié dans : la malle aux cons
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /2008 11:01


La petite histoire qui suit est arrivée il y a quelques années, pendant une période de loose que l'on pourrait facilement qualifiée de totale, absolue voire abyssale… (vous allez croire que je ne vis que ça, mais c'est un peu le principe du blog…).

Vous reprenez l'année étudiante dans une école remplie de têtes de cons (qui a parlé d'école de commerce??), vous vous êtes fait largué comme une sombre bouse, vous revenez habiter chez vos parents (bienvenue à la case départ!), bref, une période où les mots "régression", "médiocrité" et "échec" vous collent et vous pistent comme des vieux boulets d'amis dont vous essayez de vous débarrasser en vain…

 

La scène se passe juste avant la reprise des cours. C'est encore les vacances et les journées ne sont pas spécialement remplies. Chaque activité, même la plus anodine, permet de m'extirper d'un quotidien gris/gris/gris/gris/gris/gris...

Aussi, ce matin là, j'ai une mission vraiment passionnante : envoyer un recommandé par La Poste! Chacun sait que pour ce genre d'activité, c'est un peu comme pour aller chercher des billets à la SNCF, il faut, au minimum, bloquer une matinée, prendre des vitamines, s'habiller chaudement et se préparer mentalement une semaine à l'avance.

Je me lève, me douche, constate avec joie que ma mère a fait une lessive et que j'ai du linge propre à disposition (la veille, j'étais en panne de sous-vêtements et j'avais du taper dans la réserve de sécurité des slips kangourous que je mettais quand j'avais 15 ans, avec l'élastique tout mou et des petits motifs provençaux de toute beauté!). J'enfile d'un trait le même jean que la veille qui était posé en accordéon par terre et je me dirige vers La Poste.

 

Là, évidemment, je vous passe les détails… une queue Revival Moscow 80', la personne derrière vous qui se révèle être une vieille amie de collège qui vous éclabousse avec sa vie parfaite, une vieille grand-mère qui essaie de vous doubler l'air de rien… la routine à La Poste quoi!


Je finis par envoyer mon recommandé, je m'engage enfin vers la sortie, quand soudain, j'entends la dame de La Poste qui m'interpelle :


"Monsieur!!"


Je me retourne, oui????? Que se passe t-il? Je n'ai pas fait mon quota d'heures de queue réglementaire??


"Il y a quelque chose que vous avez laissé tomber!"


Je tâte mon portefeuille dans ma poche, il est bien là.

Je m'approche à nouveau du guichet.


Et c'est là que je vois mon ancienne amie du collège qui se baisse pour ramasser un petit bout de tissu chiffonné. Elle suspend le bout de tissu à son doigt, il se déplie doucement et toute La Poste peut ainsi constater avec étonnement qu'il s'agit d'un slip!

 

Oui. Un slip. Mon slip. Celui de la veille!!!. Le tout pourri avec l'élastique détendu, cette couleur atroce de vieux bordeaux passé et ces petits motifs pseudo-provençaux.

 

Pendant quelques secondes, je suis resté scotché par le surréalisme de la scène. J'imaginais le parcours de ce slip.

Comme le soir j'ai tendance à me déshabiller d'un trait, mon slip a du rester coincé dans la jambe de mon pantalon. Ce matin, j'ai enfilé mon jean et le slip, bloqué dans la jambe, a du descendre petit à petit toute la matinée jusqu'à devoir s'échoir lamentablement devant le guichet de La Poste. On peut dire que ce débile de slip a bien choisi son moment pour faire sa sortie!

 

Je suis devenu de la même couleur que mon slip. J'ai jeté un rapide coup d'œil aux (nombreuses!!!) personnes présentes dans la queue. Elles devaient être en train de m'imaginer nu avec cet abominable sous-vêtement vintage…

 

Je me précipite alors sur mon slip, je l'arrache des mains de mon amie médusée (et un peu dégoutée aussi je crois...) par sa trouvaille.

 

Là, je l'avoue, je me sentais moyen de faire une annonce publique pour dire que "non, je ne suis pas un pervers qui se ballade avec des vieux slips bordeaux pleins les poches" ou encore me lancer dans une longue explication sur le parcours étonnant de ce slip d'une armoire de famille au guichet de La Poste…

 

J'ai préféré partir d'un pas rapide en me jurant de ne plus jamais remettre un pied à La Poste…

Par zadzig - Publié dans : c'est si bon la Honte
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Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /2008 14:21

Moi, il y a un truc que j'aime par-dessus tout, c'est la tarte aux fraises! Pas vous? Quand la pâte a un bon goût de beurre, quand la crème pâtissière est légère et parfumée et que les fruits sont juteux, gorgés de sucre et de saveurs…

 

Un jour, comme j'avais des amis à dîner le soir même, je décide d'aller au supermarché pour faire quelque course et ramener une délicieuse tarte aux fraises.

 

J'enfile un petit pull sympa que j'avais acheté la veille et saute dans la voiture.

 

J'arrive au supermarché, fais mes courses, me dirige vers le rayon pâtisserie pour choisir la plus belle de toutes les tartes aux fraises du mooooonde. Toutes les petites tartes emballées dans leur petite boîte en plastique m'interpellent : "achète-moi!!! Achète-moi!!!" Je les observe avec attention.

J'en choisi une, j'essaie de la porter à plat, mais ce n'est pas très facile avec toutes mes courses. Je n'ai pas pris de sac à l'entrée et j'ai encore deux, trois trucs à acheter. A chaque rayon, je me charge d'un nouveau produit et j'essaie tant bien que mal de tout porter en serrant mes achats contre moi.

 

En marchant dans les rayons, j'ai la chance de croiser une superbe blonde qui me dévisage avec insistance et me souris gentiment. Et oui, il y a des jours tout bêtes comme ça, où vous avez l'impression d'avoir une aura particulière.

 

Je continue de déambuler tranquillement à travers les rayons. Je croise alors un groupe d'adolescentes avec la panoplie grande mèche/legging/ sac-porté-au-coude. Elles aussi me regardent ostensiblement. Après mon passage, je perçois leurs chuchotements qui me font sourire. Et oui! Je suis encore jeune! Je plais même aux gamines.

 

Je poursuis mon circuit et croise une vieille dame très bourgeoise, très digne, enveloppée dans un grand châle, elle aussi me scrute également avec attention et ne se cache vraiment pas pour m'observer. Décidément aujourd'hui, je dois vraiment être au top. Une petite coupe sympa! Un nouveau pull super tendance! C'est vrai que je suis pas mal aujourd'hui!!!

J'aurais du lire mon horoscope ce matin, c'était surement marqué que j'étais sous l'influence de Vénus ou un truc comme ça. J'étais en train de m'imaginer en Apollon de supermarché quand, en passant à côté d'un jeune homme, je remarque que, lui aussi, me regarde de la tête aux pieds. L'espace d'un instant, je vois même son regard bloquer au niveau de ma braguette.

 

Bon! Là, je crois qu'il faut que je parte du supermarché avant de créer une véritable émeute et qu'une armée d'hommes, de femmes, de jeunes et de vieilles me violent sauvagement au rayon fruits et légumes.

Aujourd'hui, je dois vraiment dégager un truc de malade... Je suis un vrai stimulateur d'hormones à moi tout seul! JE suis LE sex-appeal incarné quoi!... Depuis mon entrée dans ce magasin, j'ai l'impression d'être un Apollon, un Dieu du sexe et de la sensualité. Les gens sont totalement sous l'emprise de mon magnétisme sexuel. Ils ne peuvent rien faire, c'est plus fort qu'eux, ils me dévorent des yeux! C'est énorme!

Pour m'assurer et profiter de l'effet exceptionnel que je semble provoquer, je décide de faire une dernière tournée d'adieu dans les rayons.

 

Et là, mes impressions se confirment, tout le monde me dévisage avec insistance. Le terme "reluquer" n'est même pas assez fort pour exprimer la façon dont on m'observe.

 

Bon, au bout d'un moment, je décide quand même de mettre un terme à ma tournée triomphale à travers les rayons du magasin et me dirige vers les caisses en espérant ne pas déclencher une émeute chez les caissières.

 

Je commence à déposer mes articles sur le tapis de la caisse. Ca me fait du bien. Ces allers-retours m'ont fatigués car je suis quand même assez chargé. Dans la bataille, j'ai du pencher la tarte aux fraises pour pouvoir tout porter. Je la pose donc sur le tapis et là….

 

…je vois tout mes habits maculés d'une sauce rosâtre et collante. Le jus de la tarte aux fraises s'est déversé tranquillement tout le long de mon corps. J'ai du jus de fraise sur mon pull, mon pantalon et même partout sur les chaussures. Je me retourne et regarde, médusé, mes traces de pas roses et collants que l'on voit arriver tranquillement du fond du magasin jusqu'à la caisse.

 

Je regarde la tarte aux fraises, et, effectivement, elle est complètement desséchée. J'ai pris une authentique douche de jus de fraise sous le regard ébahi (et passif...) des clients du supermarché.

 

Il n'y a pas d'Apollon mais juste un pauvre type qui a bien pris le temps de parader dans tout le magasin avec une tarte aux fraises dégoulinante...

 

Par zadzig - Publié dans : c'est si bon la Honte
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